Physiologie de l'entraînement > Bio-informationnel
Système nerveux - Equilibration et stabilisation posturale - Etapes du traitement de l'information - Système de régulation
Système nerveux
Pour fonctionner, l'être humain va devoir analyser des stimulations, interpréter et traiter des informations, et transmettre des ordres vers les organes de relation.

Le système nerveux est en charge de cette mission et s'en acquitte par les centres
nerveux que sont :
- - Le cerveau,
- - La moelle épinière,
- - Les nerfs périphériques.

Le système nerveux assure le fonctionnement :
- - Du sytème neurovégétatif : autonome, il concerne la commande et la coordination des fonctions vitales par les systèmes sympathique*; son antagoniste est le système parasympathique,
- - Du système cérébro-spinal : en charge des fonctions de relation avec l'environnement).

Dans le cas de l'entraînement sportif, c'est ce
dernier qui nous interressera particulièrement.
* L'excitation du système nerveux sympathique accélère le
cœur, contracte les vaisseaux, dilate les bronches et la pupille, modère
les fonctions digestives etc... Le système parasympathique, dont les effets
sont antagonistes, équilibre l'action du sympathique.
Composition du cerveau
|
Système cérébro-spinal |
Le cerveau de l'homme est selon Mc Lean, structuré en trois étages
correspondant à son évolution :
Le cerveau reptilien, qui gère les réactions vitales
dans le présent (faim, soif, sexualité); il permet l'accomplissement
de comportements instinctifs et stéréotypés;
Le cerveau lymbique, qui gère les expériences vécues
et donc la mémoire, le passé; il permet l'apprentissage en
utilisant le vécu individuel et en lui ajoutant une couche du moment;
Le cerveau cortical (néo-cortex), qui permet la réflexion
abstraite et l'imagination; c'est le cerveau de l'avenir et il est celui qui
place l'homme au dessus des autres espèces animales.
De même, les deux hémisphères auraient des prédominances
dans les tâches à exécuter :
- - le gauche serait celui du langage, des chiffres et de l'analyse,
- - le droit serait celui de la perception spaciale, de l'intuition et de la sensibilité artistique
ainsi que de la synthèse.
Equilibration et stabilisation posturale
L'équilibre du corps est géré par un
système plurimodal composé de trois parties :

Une première destinée à la stabilisation statique et dynamique; elle comporte
des capteurs périphériques chargés de percevoir les informations sensorielles
liées à la position du corps et des membres dans l'environnement, mais aussi
à la position de la tête par rapport au corps et à celle de l'œil par rapport
à la tête,

Une deuxième liée au système nerveux central, analysant, comparant et intégrant
les informations transmises par les capteurs,

Une troisième, effectrice d'actions d'ajustements et dédiée à la motricité
posturale et oculaire.
Pour se stabiliser, l'homme va utiliser en boucle et en permanence ce système
complexe, tant en situation passive qu'en situation de mouvement.
Au repos le système postural est lié au
tonus musculaire et à sa régulation.
C'est un système fonctionnant essentiellement en rétroaction et sans mouvement
du corps ou des membres. La régulation du tonus se fait par la contraction
des muscles antigravitaires qui réalisent des réajustements réactionnels
permettant au squelette de former un bloc stable et équilibré.
Le réflexe
myotatique, trouvant sa source dans la sensibilité du muscle à l'étirement,
réalise une contraction tonique de celui-ci et permet le maintien de la
posture. Evidement chaque action d'ajustement influe sur l'ensemble et c'est
pourquoi toutes ces informations sont traitées de façon centralisée par
le système nerveux qui va à nouveau réajuster l'ensemble en envoyant des
ordres de contractions vers de nouveaux muscles.
En action, le système postural (lié au précédent) va inclure l'anticipation
des problèmes d'équilibre posés par les mouvements du corps. A ce titre
on peut dire qu'il fonctionne en boucle de prévision. Des études menées
sur le mouvement du bras par exemple (Gurfinkel), ont montrées qu'avant
l'élévation de celui-ci, le muscle triceps de la jambe opposée se contractait.
Les dispositifs de stabilisation de l'équilibre, nombreux et différents
suivant le degré de déséquilibre à corriger (de l'action de soutien à celle
de redressement), vont utiliser un système d'ajustement de la posture basé
sur la rétroaction (ou rééquilibration à postériori) et l'anticipation.
Le système plurimodal de stabilisation de la posture est donc composé d'entrées,
d'une régulation centralisée et de sorties.
En entrée se trouvent les capteurs sensoriels dits
exocapteurs lorsqu'ils
recueillent des informations provenant du monde extérieur, ou
endocapteurs lorsqu'ils recueillent des informations internes. Le système visuel, le
système vestibulaire ou labyrinthique et le système podal proprioceptif
font parties du premier type.
Le système visuel joue un rôle primordial d'informateur permettant la stabilité
posturale grâce à la vision périphérique ou centrale suivant l'orientation
des mouvements (avant - arrière ou gauche - droite).
Le système vestibulaire est en relation directe avec l'équilibration et les
problèmes de vertiges lorsqu'il est défaillant. Il donne des renseignements
sur les déplacements et la vitesse de déplacement de la tête dans l'espace
ainsi que sur la position de la tête par rapport à l'axe de gravité.
Le système vestibulaire est situé dans l'oreille interne ainsi que dans le
temporal et est composé de l'utricule et du saccule sensibles à la pesanteur
et à l'accélération linéaire, et des canaux semi-circulaires sensibles aux
accélérations angulaires.
Le système podal proprioceptif est la troisième source d'information pour l'individu
de sa position dans son environnement. Il recueille ses informations par
des mesures de pression au niveau de la voûte plantaire et du degré d'étirement
des muscles de la jambe et du pied. Les endocapteurs vont permettrent de
mettre en relation les informations des exocapteurs ainsi que de donner
des informations sur la position d'une partie du corps par rapports aux
autres parties (systèmes oculomoteurs et nucaux).

Ces informations parviennent alors au cerveau et sont
traitées, comparées
et synthétisées essentiellement par le cervelet pour
réguler, moduler et
coordonner les informations recueillies en entrée et celles transmises en
sortie.

En
sortie la réponse est la contraction des muscles antigravitaires concernés
et la mobilité de l'œil par rapport à la tête.

Lire un article sur la
stabilisation posturale (Christophe FRANCK, PDF, 3 pages, 80kO)
Etapes du traitement de l'information
D'après Welford (1977) trois stades peuvent être différenciés
dans les opérations réalisées par le système nerveux central :
Le stade perceptif : c'est celui de la prise d'informations, dans
l'identification et dans l'interprétation. Ces informations sont relevées
sur l'extérieur (milieu environnant) et en interne (informations proprioceptives).
La sélection des informations pertinentes fera la différence entre l'expert
et le débutant, qui saura de mieux en mieux les reconnaître en faisant des
comparaisons avec les expériences antérieures.
Le stade décisionnel : c'est celui de la sélection d'un comportement
moteur possible semblant répondre à la situation présente. Le capital de
réponses possibles augmentera en comparant la situation avec des expériences
antérieures (vécu individuel) et permettra la réduction du nombre d'actions
envisageables. La diversité des situations motrices proposées permettant
essais et erreurs donnera au sujet la possibilité de prédire l'action de
l'adversaire (anticipation).
Le stade d'exécution motrice : c'est celui où le sportif réalise
le programme moteur adapté, en l'enrichissant au fur et à mesure des expériences
vécues suivant les exigences temporelles et spatiales immédiates. Tandis que
le débutant devra se concentrer sur l'exécution d'une séquence " non inscrite
", l'expert pourra la réaliser sans attention particulière et se concentrer
sur une autre réalisation parallèle.
L'apprentissage est lié au développement des qualités du secteur bio-informationnel
: apprendre à observer, récupérer des informations utiles et pertinentes,
décider du meilleur schéma moteur par rapport à la situation présente et
exécuter avec efficacité le geste réponse demande de l'attention, de la
progressivité et du temps et va permettre d'enrichir son expérience au fur
et à mesure des situations nouvelles.
| Anticipation : au fur et à mesure du développement des qualités,
on passera d'un enchaînement sériel des stades à un chevauchement de ceux-ci
grâce à une prédiction des évènements à venir. L'anticipation va réduire
le temps de réponse face à une situation mais augmenter le risque d'erreur
puisqu'en quelque sorte l'anticipation est un pari. |

Lire un article sur le
traitement de l'information en boxe (Christophe FRANCK, PDF, 3 pages, 80kO)
Système de régulation
Le système de régulation assuré par les
glandes endocrines
(ou à sécrétion interne) permet de réguler le fonctionnement des
organes de la vie. Les glandes sécrètent des hormones et les
déversent directement dans le sang ou dans le liquide céphalo-rachidien
ou elles sont transportées jusqu'à leur organe cible. L'ensemble
des glandes est géré par l'hypothalamus et chacune d'entre
elles a un rôle défini.
Hypophyse : ovoïde
et longue de 1 cm, elle est située dans l'étage moyen de la base du crâne
et est placée dans une logette osseuse; une partie antérieure fabrique
des hormones stimulant et contrôlant les autres glandes : glandes
thyroïde et surrénales, ovaires et testicules; elle sécrète
aussi l'hormone de croissance (somatotrope) favorisant le développement
de l'enfant et la synthèse de protéïne chez l'adulte.
Une partie postérieure libère l'hormone antidiurétique agissant sur la rétention
d'eau ainsi que la lactation mamaire durant l'allaitement. L'hypophyse antérieure
sécrète aussi des endorphines dont le rôle est de calmer
la douleur et de favoriser une certaine euphorie.
Thyroïde : glande
superficielle située à la base du cou, la thyroïde intervient dans
la croissance et le métabolisme général.
Au nombre de quatre et situées derrière la thyroïde elles
sécrètent la parathormone régulant le taux du phosphate et
du calcium dans le milieu intérieur; son bon fonctionnement permet un bon
équilibre neuro-musculaire.
Glandes surrénales : pyramidales
et longues de 5 cm, elles sont situées au pôle supérieur de chaque rein
et sont formées de deux parties distinctes, les parties corticale et médullaire.
Les hormones corticales agissent sur la régulation des taux de sodium
et potassium (équilibre minéral indispensable pour l'activité
neuro-musculaire) ainsi que sur la dégradation des substrats (glucides,
lipides, protides), régule en permanence la tension artérielle, joue
sur la qualité de fonctionnement du système cardio-vasculaire, des muscles,
des os et du système nerveux central, et freine les processus inflammatoires.
Les hormones médullaires, adrénaline et noradrénaline, provoquent la
vasoconstriction, l'hypertension artérielle (débit cardiaque) ainsi
que l'hyperglycémie (augmentation du glucose sanguin).
Pancréas : le pancréas est responsable de la sécrètion de deux
hormones : l'insuline et le glucagon; l'insuline régule le métabolisme
du glucose dans les tissus et augmente la pénétration cellulaire
du glucose; elle favorise aussi la mise en réserve de lipides à
partir de glucides assimilés lors de la digestion. La réduction
de la production de cette hormone entraine le diabète. Le glucagon
a un effet inverse en accroissant le glucose sanguin.
Glandes génitales : ce sont les
ovaires pour la femme
et les
testicules pour l'homme; ces dernières sécrètent
de la testostérone qui augmente l'anabolisme protidique (muscles
et os) et stimule donc la force musculaire.
D'autres
glandes dites
exocrines se déversent à l'extérieur de l'organisme ou dans un canal excréteur, comme les glandes sudoripares ou salivaires.
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