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Coordination en sport - Périodes
privilégiées - Coordination
générale et spécifique - Facteurs
influents - Méthodes de développement
La
coordination motrice est la capacité à réaliser un geste bien défini
et précis grâce à l'
action conjuguée du système nerveux central et de
la musculature squelettique. Ce mouvement devra être effectué avec un maximum
:
- - D'efficacité : l'objectif visé est atteint,
- - D'efficience : le résultat est atteint en maîtrisant le coût,
- - De fiabilité : le taux de reproduction est élevé.
Sous le terme de coordination sont regroupés les concepts :
- D'habileté motrice,
- D'adresse,
- De technique,
c'est-à-dire de maîtrise de réalisation d'une action motrice précise et intentionnelle avec vitesse, efficacité et
fiabilité.
Apparaissent donc lors de l'exécution d'un mouvement :
- Le guidage et la régulation, c'est à dire sa maîtrise,
- L'adaptation à des conditions changeantes,
- L'apprentissage des possibilités de résolution.
La coordination motrice en
sport
En sport, la coordination motrice permet au sportif de maîtriser des actions dans des situations prévisibles (stéréotypes)
ou imprévisibles (adaptation), de les exécuter de façon économique et d'apprendre rapidement de nouveaux gestes sportifs
(Frey et Hirtz, cités par Weineck, 1997).
Le guidage et la régulation des gestes font appel aux facteurs psychomoteurs
liés à l'apprentissage moteur et aux qualités physiques comme la force, la vitesse,
la souplesse et l'endurance. On ne peut pas considérer le développement
de la coordination comme une fin en soi, mais plutôt comme la base de
l'entraînement spécifique d'une discipline sportive.
Périodes privilégiées du développement
des facultés de coordination
Il est difficile de borner les périodes d'orientation de la coordination par des âges précis car de grandes différences
existent entre chaque enfants et adolescents. Les filles et garçons n'ont pas leur puberté au même âge, et au sein même
des populations masculines ou féminines, il existe des différences de maturité. Il semble donc plus juste de classer les
jeunes suivant leur maturité individuelle.
Le développement des facultés de coordination doit débuter très tôt dans l'enfance, puisque c'est avant 10 ans qu'on
note l'acquisition d'une multitude d'habiletés motrices et gestuelles.
A ce stade (
avant 10 ans) il faut stimuler l'enfant par un grand nombre
d'exercices moteurs divers et variés pour qu'il capitalise un maximum de schémas
de programmations motrices générales.
De 10 ans à la puberté, le geste et la précision s'affinant, la stimulation
devra être effectuée par des apprentissages axés sur des habiletés fermées,
c'est-à-dire comportant peu d'incertitudes, et en répétant les gestes dans des
situations variées). C'est la période de l'orientation sportive mais dans une
optique pluridisciplinaire.
Pendant la période pubertaire, les changements de taille et de poids
modifient et perturbent la coordination. Il faut donc chercher à maintenir les
acquis précédents et à spécialiser le jeune vers des techniques spécifiques.
Après cette période, les dimensions corporelles ayant atteint un équilibre
et les qualités physiques telles que la force ayant augmentées, l'entraînement
pourra devenir spécifique et tendre vers le perfectionnement.
Coordination générale et coordination
spécifique
La
coordination générale correspond à toutes les actions psychomotrices
non spécifiques, c'est-à-dire hors forme de production gestuelle destinée à
réaliser un objectif précis et réglementé dans une discipline.
L'apprentissage et l'entraînement doivent faire en sorte que le nombre de schémas
de programmations motrices générales soit le plus élevé possible pour faciliter
ensuite l'intégration de
schémas spécifiques à une activité sportive.
Des "copies" de programmes, déposés dans les couches profondes du système nerveux
central, vont être enrichies et perfectionnées par de nouveaux enseignements
et permettront de constituer les fondements de futurs mouvements coordonnés.
La vitesse d'acquisition de nouvelles habiletés : l'acquisition d'un
mouvement nouveau se basera sur le répertoire d'anciennes coordinations possédées
par le sportif. Plus ce répertoire sera conséquent, plus rapide sera l'acquisition
d'un nouveau mouvement et plus le temps à consacrer aux autres secteurs sera
important.
Facteurs influents
Les facteurs d'exécution et de régulation intervenant dans la coordination motrice
sont liés aux qualités
psychomotrices et
physiques.
Qualités psychomotrices
Il s'agit des qualités sur lesquelles l'apprentissage moteur va intervenir. Il vise la forme de production gestuelle
précise et intentionnelle à partir d'une boucle "action - retour d'informations - rétroaction" (feedback).
Dans le domaine sportif on peut classer l'ensemble des procédés et des méthodes d'apprentissage dans la technique.
En s'appuyant sur la boucle rétroactive l'apprenant va :
- Analyser un objectif désiré, un modèle d'actions, et le résultat de ces actions,
- Affiner le modèle de référence pour produire les actions exigées destinées à accomplir l'objectif désiré.
La production gestuelle va être dépendante de toutes ou partie des conditions suivantes :
- Conditions d'orientation : permettent d'adapter son propre
comportement moteur aux modifications spatiales environnantes,
- Conditions de différentiation : permettent de nuancer
et d'adapter des forces de mouvement sur une partie de la musculature
alors que d'autres parties sont aussi en mouvements,
- Conditions d'équilibre : permettent a un corps de maintenir
une position ou d'y revenir s'il en est écarté,
- Conditions de rythme : permettent de réaliser un mouvement
cadencé de façon dynamique,
- Conditions de réaction : permettent l'analyse d'une
situation et de la mise en oeuvre d'une réponse adaptée
dans un très bref délai,
- Conditions de réajustement : permettent de transformer l’action
motrice en cours pour s’adapter à une situation nouvelle ou la continuer
sous une forme nouvelle. Elles nécessitent de développer les capacités
de réaction et d’anticipation.
Qualités physiques
Il s'agit des qualités faisant intervenir les fonctions cardio-respiratoires et musculaires.
Vitesse et Force : plus particulièrement, la vitesse gestuelle et la capacité de coordination
intermusculaire (couple agoniste - antagoniste).
Les facteurs neuromusculaires permettent à l'agoniste de produire la plus grande vitesse possible alors que l'antagoniste
se relâche.
Souplesse : l'absence d'un freinage occasionné par une résistance parasite au contrôle d'un mouvement permet une
réalisation avec une grande amplitude articulaire.
Endurance : elle permet de pouvoir répéter une action motrice avec maîtrise et fiabilité.
Méthodes de développement
Les qualités de coordination ne pourront être développées
ou améliorées que par la répétition d'exercices
nécessitant une grande contribution coordinative.
- Des exercices nouveaux, plus ou moins difficiles, demandant une adaptation de réalisation,
- Des situations motrices simples connues amplifiées en difficulté.
La coordination peut être développée par la répétition d'actions motrices en
intervenant sur :
- La diminution du temps d'exécution des actions,
- La modification des contraintes externes à l'action.
Orientation de développement par les
qualités psychomotrices

Répétitions d'actions
motrices en modifiant les
contraintes temporelles :
- Augmentation du rythme d'exécution des actions,
- Diminution du temps d'apparition des signaux déclencheurs de la réaction.

Répétitions
d'actions motrices en modifiant les
contraintes externes à celles-ci
:
- Contraintes d'orientation spatiale par modification des repères associés à la perception
(distances, dimensions de zones de jeu), réalisation de gestes connus dans des positions différentes,
modification de la taille des cibles,
- Contraintes d'équilibre : réalisation de gestes connus dans des positions en
déséquilibre,
- Contraintes de variation de nature d'opposition : modification de la charge (allègement ou alourdissement),
modification de la complexité (actions favorisantes ou entravantes).
Complexification
des réalisations d'actions :
- Réalisation de plusieurs actions motrices maîtrisées de façon simultanées (différentiation),
- Exécution d'actions avec les membres opposés à ceux utilisés habituellement (latéralisation).

Modifications du
degré
d'incertitude des situations auxquelles le sportif sera confronté l'obligent
à se réadapter :
- Passage d'habiletés fermées (il n'y a pas d'incertitudes) vers des habiletés ouvertes (les modifications de motricité
sont permanentes).
Orientation de développement par les qualités physiques
Force :
Les adaptations neuromusculaires spécifiques permettant la coordination intermusculaire,
et plus particulièrement celle du couple agoniste - antagoniste, seront réalisées
grâce à des
mouvements avec charges lourdes (> 80% 1RM) suivis de
mouvements
spécifiques. Par exemple en boxe, 3 répétitions en développé couché en prise
large suivies d'enchaînements à vitesse maximale en crochets.
Toujours en rapport avec la force et la contraction musculaire, dans le but
de complexifier ou de faciliter les exercices, une
variation de la charge
opposée (alourdissement ou allègement) sera proposée pour favoriser ou entraver
le mouvement. La variation doit rester dans des proportions raisonnables (5-10%)
pour ne pas dégrader le geste et l'exécution doit être réalisée à vitesse maximale.
Vitesse :
L'augmentation de la
vitesse d'exécution d'une action est positive pour
l'amélioration de la coordination. Il est possible de jouer sur la vitesse gestuelle,
c'est-à-dire diminuer le temps accordé à l'exécution de la tâche, où sur la
fréquence gestuelle en répétant la tâche le plus grand nombre de fois possible
dans un laps de temps défini.
Souplesse :
Les deux critères permettant d'améliorer la coordination en ce qui concerne
la souplesse sont l'
amplitude articulaire et le
relâchement de l'antagoniste.
Le développement passera donc par toutes les formes d'exercices passifs ou actifs,
dynamiques ou statiques, généraux ou spécifiques.
Endurance :
Le développement général de l'endurance permet d'influencer positivement la
coordination en permettant un meilleur taux de reproduction du geste efficace.
L'
automatisation des gestes est aussi une voie d'économie énergétique
car réaliser un geste sans contrôle de la volonté est plus économique que dans
le cas contraire. La méthode adaptée pour le développement de l'automatisation
des gestes est la répétition.
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