Entraînement > Contrôle > Planification et programmation
Planification - Programmation
- Charges d'entraînement - Récupération
La
planification est la prise en compte de tous les paramètres liés à un objectif compétitif désigné.
Cette planification sert à construire un ensemble cohérent à une préparation sportive, pour atteindre l’objectif
en étant au sommet de toutes les composantes.
Lorsque les actions à réaliser sont listées, intervient la phase de
programmation qui les organise dans le temps
suivant des priorités définies.
A l’origine, la planification s’est faite dans des disciplines comportant des périodes compétitives annuelles ou
biannuelles. Le schéma classique « Période de préparation générale – Période de préparation spécifique – Période compétitive »
destiné à atteindre l’état de forme ni trop tôt ni trop tard, est inadapté aux sports collectifs.
Il faudra donc articuler autrement les périodes de préparation tout en conservant :
- La vision globale de la préparation,
- L’optimisation des résultats intermédiaires ou finaux,
- Les effets des cycles d’entraînement,
- L’alternance des périodes d’efforts et de régénération.
Planification
La
planification est l'établissement et la gestion des différentes phases
à incorporer dans un plan global, pour atteindre un objectif fixé. Cette gestion
se place dans une logique de progression et à ce titre ne doit exclure aucune
des phases suivantes :
- - Désignation du ou des objectifs,
- - Analyse des déterminants,
- - Choix et mise en place de tests et d'évaluations,
- - Programmation de l'entraînement.
Désignation d'objectifs
C'est le point de départ de toute planification. Le but sera d'atteindre l'objectif avec un maximum d'efficacité :
- - Dans un temps donné de préparation,
- - Pour une période compétitive déterminée.
Il est possible de maintenir un état de forme optimal sur une période donnée, mais probablement pas sur une
saison complète. Il faut donc échelonner les objectifs par niveaux d'importance, avec un objectif principal
et des objectifs secondaires. Ceux-ci peuvent être des bilans de fin de cycles de développement ou des
compétitions secondaires, et permettent d'évaluer les progrès réalisés ou de réorienter la préparation.
Dans des sports individuels avec périodes compétitives annuelles ou biannuelles, le choix de priorisation est
souvent implicite. Par contre en sport collectif, ce choix relèvera d’une prise de décision « subjective » et
de la gestion globale de l’effectif.
Analyse des déterminants
Le sportif
La prise en compte sportif amène à la notion d’
individualisation de l’entraînement. D’ailleurs comme le dit
Frédérique AUBERT (INSEP),
"l’entraînement individualisé est un pléonasme".
Chaque individu diffère en fonction de son âge*, sa maturité et son expérience sportive, son niveau de pratique**
et ses qualités individuelles.
*
Critère de l'âge
Les objectifs de préparation doivent viser la coordination, la capacité aérobie, la souplesse, l'acquisition technique générale lors de l'enfance.
Ils tendent ensuite vers l'acquisition des qualités spécifiques nécessaires à la discipline sportive pratiquée pour accéder à la performance.
Ils permettent enfin à l'athlète de durer et de maintenir sa carrière sportive.
**
Niveau de pratique
Plus le niveau de pratique est élevé, plus la spécialisation doit être adoptée. La performance dépend de moins en moins des capacités non
spécifiques à un haut niveau de pratique.
Fiche d’évaluation individuelle (Christophe FRANCK, DOC, 7 pages, 76kO)
Le sport et la discipline pratiquée
Il s'agit de référencer les caractéristiques du sport visé : types d’efforts, groupes musculaires concernés,
logique interne et calendrier compétitif annuel.

Sur ce même site, voir l'
analyse de la discipline sportive
Les principes d'entraînement et la connaissance des
exigences de la performance
Le processus d'entraînement est une construction méthodique qui s'appuie sur l'analyse de la performance et de
la discipline concernée. Les différents secteurs d'intervention ainsi que leurs interactions sont gérés par
l'entraîneur.

Sur ce même site, voir
le rôle et les compétences de l'entraîneur
L'environnement d'entraînement
L'entraînement est dépendant de contraintes externes qui vont avoir une influence importante sur son résultat.
Degré de disponibilité du sportif
Sportif professionnel ou amateur, activité professionnelle ou scolaire, intégré dans une structure de haut
niveau ou non, etc...
Le volume d'entraînement et la répétition des séances intensives seront différentes pour deux sportifs selon
le temps possible à consacrer à l'entraînement.
Structure environnante
Un sportif pris en charge par un centre d'entraînement structuré (club professionnel, INSEP, pôle régional)
va disposer d'atouts non négligeables :
- - Entraîneur disponible,
- - Lieux réservés et appropriés,
- - Salle de musculation,
- - Créneaux d'entraînement modulables,
- - Accessoires et matériels nombreux et pratiques (spécifiques à la discipline, électro-stimulateur,
cardiofréquencemètre, etc...),
- - Structure médicale (prévention et soins des blessures, alimentation etc...),
- - Ainsi que tout ce qui permettra d'améliorer la récupération (massage, sauna, plages réservées à la sieste,
etc...).
Choix et mise en place de tests et évaluations
Les tests et des évaluations :
- - Mettent en évidence le niveau individuel des sportifs dans les domaines physiques et spécifiques,
- - Permettent de comparer ces niveaux de performance à divers moments clés de la saison,
- - Permettent d'élaborer à partir ces résultats, un programme d'entraînement individualisé.

Sur ce même site, voir
Tests et évaluations des sportifs
Programmation de l'entraînement
La programmation de l'entraînement est un processus prévisionnel structurant l’entraînement en fonction
d'objectifs définis et du niveau individuel de performance déjà acquis.
Elle se concrétise sous la forme de périodes correspondant à des lignes directrices.
Cette phase est détaillée dans le chapitre ci-dessous "Programmation"
Programmation
La
programmation est l'élaboration des contenus d'entraînement, dans
un plan détaillé et organisé dans le temps. Le but de cette programmation est
de faire passer l'athlète dans une succession d'états :
- - Découverte,
- - Développement,
- - Maintien,
- - Récupération,
- - Etc...
L'objectif final est un état optimal de forme sportive pour une période donnée.
La programmation tient au fait qu'un élément de la structure d'entraînement
(exercice, séance, microcycle, etc...) doit être
répété plusieurs fois
pour faire progresser une qualité.
L'organisation, la modulation, la combinaison ou l'association des sollicitations amèneront le sportif dans l'état optimal
de forme sportive recherchée.
D'un point de vue structurel, la programmation est une succession de périodes de travail avec des objectifs.
Ces périodes sont elles mêmes déclinées en d'autres périodes plus courtes mais plus détaillées.
Objectifs périodiques
Le plan de carrière
C'est un plan à long terme ou cycle pluriannuel. Celui s'étalant sur plusieurs années :
- - Soit par rapport à un jeune sportif qui nécessitera plusieurs années pour atteindre l'âge de la maturité et rechercher la performance
avec un potentiel au sommet de ses possibilités,
- - Soit par rapport à un objectif (olympique par exemple) s'étalant sur plusieurs années.
Dans le
premier cas l'entraînement devra être adapté à la tranche d'âge
du jeune sportif, sans chercher à appliquer des méthodes d'entraînement efficaces
utilisées par les athlètes adultes de haut niveau. Si un résultat immédiat ou
quasi immédiat sur les résultats du jeune peuvent donner l'impression d'être
dans le vrai, un suivi des performances futures démontrerait que ce jeune athlète
a de grands risques d'être usé voire "grillé" par un entraînement inadapté à
son âge.
Dans le
deuxième cas le but est d'augmenter la charge d'entraînement
chaque année de façon progressive, pour atteindre un paroxysme lors de l'évènement
majeur ou lorsque tous les facteurs déterminants de la performance, tels que
maturité, expérience dans la discipline et niveau de pratique sont à leur maximum.
Le plan annuel
C'est le plan composé des évènements de la saison. La discipline pratiquée ainsi que les objectifs annuels vont donner une configuration et
un assemblage spécifique des différentes périodes.
En fonction des échéances compétitives, on parlera de périodisation simple, double ou multiple :
- - Simple pour une activité comprenant qu'une seule période de compétition
avec un évènement majeur en fin de période,
- - Double pour deux périodes de compétitions majeures et distinctes
(saisons estivale et hivernale par exemple),
- - Multiple pour une activité où un haut niveau de performance
doit être répété plusieurs fois le long de la saison (sports collectifs).
Ce
plan annuel est découpé en
périodes axées sur la préparation,
la compétition ou les intersaisons.
Les périodes
En fonction de la discipline concernée et donc du type de périodisation, les périodes suivantes vont se succéder :
- - Périodes préparatoires,
- - Périodes compétitives,
- - Périodes de transition.
Durée : de 3 à 6 mois selon la période et la discipline. Ces périodes
sont scindées en
étapes ou
macrocycles contenant les orientations
sportives.
Etapes ou macrocycles
Ces
étapes sont des déclinaisons détaillées des périodes avec comme objectif
une orientation sportive :
- - Préparation générale ou extensive,
- - Préparation spécifique ou intensive,
- - Précompétitives,
- - Compétitives,
- - Transition.
| Périodes |
Etapes ou macrocycles |
But recherché |
| Préparatoire |
Préparatoire générale ou extensive |
L'apprentissage, le développement et l'harmonisation
des qualités globales sans recherche de la performance, va permettre l'amélioration
des faiblesses identifiées et le développement de nouvelles habiletés.
Le plus grand volume de travail est fourni durant cette période |
| Préparatoire spécifique ou intensive |
Le développement des qualités spécifiques
à la discipline se fait en fonction des choix technico-tactique et de
l'individu. Le travail de la technique se stabilise alors que celui de
la tactique progresse.
Le volume de travail diminue alors que l'intensité augmente |
| Compétitive |
Précompétitive |
Phase permettant de faire converger tous
les efforts et entraînements vers l'activité spécifique (notion de transfert).
L'intensité des entraînements est proche voire identique (au facteur stress près, ce qui n'est pas négligeable) à celle de la
compétition.
|
| Compétitive |
Le potentiel acquis est exploité au service
de la discipline et il y a recherche de l'état de performance absolu.
L'aspect psychologique tient un rôle primordial.
L'équilibre entre volume plutôt modéré et intensité élevée permet de maintenir le potentiel spécifique
tout au long de cette période. |
| Transition |
Transition |
Elle correspond à une liaison entre les différents
plans et périodes. L'objectif est double : recharger les batteries (repos)
et maintenir un niveau d'entraînement acceptable |
Chaque étape correspond à un but recherché : quantité, qualité, transfert, optimisation des ressources, qu'elles soient physiques,
spécifiques (technico-tactiques) et psychologiques.
Durée : de 1 à 6 mois selon la période et la discipline. Les étapes contiennent
des
phases ou
mésocycles.
Phases ou mésocycles
Les phases ou mésocycles sont des élément de la programmation d'entraînement permettant de générer un dévelopement
efficace et stable d'une aptitude visée, par exemple, le développement de la force maximale en préparation physique,
ou l'organisation défensive et le travail de contres dans le domaine technico-tactique en boxe.
Durée : 2 à 5 semaines, variable suivant le macrocycle dans lequel il est inséré, de même que son objectif.
L'augmentation progressive des capacités fondamentales, le développement des qualités nécessaires à la forme sportive
et le transfert de ces qualités vers celles sollicitées en compétition. Les phases sont constitués de
Blocs ou microcycles.
Blocs ou microcycles
Les blocs ou microcycles sont les élément constituant un ensemble homogène de séances d'entraînement.
Ils permettent de faire varier le niveau des sollicitations " fatigue / récupération " et en fonction de celles-ci,
on distingue :
- - Les blocs d'introduction, situés le plus souvent en début de
phases,
- - Les blocs de développement ou de chocs, dont la fonction
est de développer efficacement les capacités de l'individu en appliquant
des sollicitations importantes et répétées,
- - Les blocs d'affûtage, permettant aux capacités de se restaurer
et d'être ainsi " plein de jus " pour l'échéance,
- - Les blocs de maintien, incluant les compétitions et qui privilégient
travail spécifique et récupération,
- - Les blocs de récupération, généralement placés en fin de phases,
indispensables à l'assimilation du travail précédent et à la régénération
des capacités par diminution de l'état de fatigue.
Durée : 2 à 10 jours mais généralement d'une semaine. Les blocs sont
constitués des
séances de travail.
Séances
Les séances peuvent être à objectif
unique ou
multiple dans l'entraînement
des facteurs de performance.
Cette unicité dans l'objectif des séances est souvent liée au nombre de séances hebdomadaires. Un entraînement
s'adressant à un athlète de haut niveau avec un nombre élevé de séances par microcycle sera à objectif unique car son
efficacité de développement est supérieure.
Pour les sportifs d'un niveau de pratique inférieure, les séances à objectifs multiples permettront de réaliser
un volume de travail important ou de maintenir les capacités précédemment acquises.
Attention : dans les séances à objectifs multiples, l'interaction entre
les exercices est importante. Les actions d'un exercice pourront renforcer celles
d'un autre ou au contraire aller à l'encontre de celles-ci.
Il est bon de noter aussi l'importance de la
variété des exercices dans
une séance de haute intensité à objectif unique. L'uniformité des moyens répétés
engendre une adaptation du sportif à l'effort subi et une lassitude ne permettant
pas de se "dépasser". Au contraire, des séries d'exercices diversifiés dans
leur forme mais pointant vers le même but permettent de maintenir une aptitude
mentale forte et augmente l'efficacité de la séance.
Les séances sont composées d'
exercices.
Exercices
Ce sont les unités élémentaires de l'entraînement, destinés à développer une qualité.
Dynamique des cycles
Qu'ils s'agissent des périodes, étapes ou blocs, un schéma identique dans la
construction est appliqué.
On trouve les phases :
- - D'introduction ou de reprise,
- - De développement ou d'acquisition,
- - De maintien ou de stabilisation,
- - De régression ou transition.

Dynamique des cycles - E-Sporting-Coach |
Phase d'introduction ou de
reprise
Elle correspond à la mise en route du plan à venir. La notion de développement
de potentiel et de performance n'est pas présente, mais elle permet une mise
en action progressive de l'entraînement.
Phase de développement ou d'acquisition
Elle correspond à la période d'acquisition, de développement et d'harmonisation des qualités générales puis spécifiques à
une activité sportive. Elle part de constats initiaux pour aller vers un objectif précis et déterminé.
Phase de maintien ou de stabilisation
Elle correspond à la période où les capacités développées pendant la phase de développement vont se consolider pour
atteindre leur paroxysme. Cette phase peut correspondre à une phase de compétition et dans ce cas l'objectif va être de
maintenir les capacités au niveau le plus haut pendant si possible toute la durée de la période. Cette phase peut aussi
correspondre à l'aboutissement d'une phase de développement d'une capacité ciblée, et à partir de celle-ci va être mis en
place un nouveau cycle de progression.
Phase de regression ou de
transition
Elle correspond à la période où les capacités physiques qui ne sont plus spécifiquement développées, régressent. Il faut
que cette phase soit suffisante pour qu'il y ai régénération mais sans perte totale des acquis.
Outils d'aide à
la planification et à la programmation
Il est dit que le meilleur outil pour créer une planification est ...
la gomme !
En effet, aucune planification n'est inscrite dans le marbre et elle demandera des réajustements.
De nombreux entraîneurs utilisent Excel et Word pour faire leur planification
et leurs séances, car ils peuvent y apporter des modifications.
E-Sporting-Coach a développé
TRAINING
PLAN, programme d'aide à l'élaboration de planning d'entraînement fonctionnant
sous Microsoft Excel. Il permet de concevoir automatiquement une trame de document
permettant de placer des contenus tels que :
- - Objectifs,
- - Périodes,
- - Charges d'entraînement,
- - Méso et microcycles,
- - Domaines de performance,
- - Séances...

Charge d'entraînement
Principes de surcharges et surcompensation
La base de l'entraînement physique repose sur le principe de
cumul de stimulations
dans le temps. C'est le processus de
surcompensation
par application de surcharges.
Suivant ce procédé, si une charge d'entraînement est appliquée à l'organisme,
celui-ci va mettre en oeuvre des processus de
restauration pour retrouver
l'état initial du potentiel énergétique. Si la charge est proche des capacités
maximales d'une qualité physique, l'état après restauration sera supérieur à
l'état initial. Si une nouvelle charge est appliquée à ce moment là, le phénomène
se renouvellera et le potentiel augmentera.
En revanche si les charges appliquées ne sont plus suffisantes ou trop éloignées, les réserves retrouveront leur
état de départ.
Selon Matveiev "
Seuls les exercices sollicitant fortement les réserves énergétiques
et entraînant une fatigue aigue initiale, permettent une amélioration du potentiel
suivant un phénomène de surcompensation".
Cette surcompensation est valable sur une session d'entraînement et sur une
succession de sessions. Il s'agit de l'effet cumulé d'entraînement, estimé en
fonction du nombre et de l'intensité des séances des microcycles. La difficulté
de la gestion de cet ensemble d'alternances " stimulation - récupération " désigné
sous le terme de
charges d'entraînement, est de ne pas créer une fatigue
générale persistante négative (
surentraînement) ou une stagnation voire
une diminution des capacités (
sous-entraînement).
Les stimulations ne doivent donc pas être identiques dans leur volume, intensité,
densité, complexité, spécificité et fréquence qui sont les
composantes
de la charge.
Il faudra identifier et quantifier les charges d'entraînement pour mener avec efficacité la préparation sportive.
Composantes de
la charge
Volume : correspond au temps consacré, à la distance parcourue ou au
nombre de réalisations effectuées.
Intensité : correspond à la vitesse d'exécution par rapport à la vitesse
maximale de l'individu, ou au poids de la charge additionnelle par rapport à
la charge maximale déplacée en musculation.
Densité : correspond au rapport des alternances de périodes d'efforts
et de récupération. C'est ce paramètre qui va permettre de définir un critère
de difficulté de l'exercice, et donc par ricochet, permettre de définir un niveau
de charge de séance.
Complexité : correspond à la quantité d'informations à traiter pour réaliser
l'action. La complexité peut donc dépendre des stades perceptifs, décisionnels
ou d'exécution.
Spécificité : correspond au type d'exercice réalisé, de très général
à spécifique par rapport à une discipline.
Fréquence : correspond au nombre de séances visant le même objectif,
réalisées et répétées sur un temps donné. Ce paramètre va permettre de définir
un critère de difficulté de microcycle, et donc par ricochet, permettre de définir
le niveau global de charge de celui-ci. Il faut bien garder à l'esprit ce que
l'on veut développer. Les charges appliquées doivent viser un même objectif
et ne pas simplement créer une fatigue de l'organisme.
L'entraînement devra donc agir sur la modification de ces facteurs, un à la
fois ou plusieurs simultanément, pour réaliser sa programmation d'entraînement.
| |
Période extensive |
Période intensive |
Période compétitive |
Période de transition |
| Volume |
Augmente pour devenir très grand en fin de
période. C'est d'abord le nombre de séances qui augmente puis la durée
des séances elle-même |
Diminue (30% env.) pour être grand/moyen
en fin de période et permettre au sportif une récupération suffisante.
Comme dit précédemment, il vaut mieux diminuer le temps de séance puis
le nombre de séance |
Fluctue pour maintenir un état de forme optimale |
Diminue progressivement |
| Intensité |
Croît pour devenir moyenne/grande en fin
de période |
Croît pour devenir très grande en fin de
période |
Fluctue pour maintenir un état de forme optimale |
Diminue plus rapidement que le volume |
| Complexité |
Grande |
Diminue par rapport à la période précédente |
Faible |
Faible |
| Spécificité |
Moyenne car on utilisera des exercices généraux
et éloignés de la discipline pour travailler les qualités physiques générales |
Augmente pour devenir grande en utilisant
des sollicitations et exercices orientés voire issus de la discipline
(favorisation du transfert des progrès acquis) |
Grande |
Faible. Il faut réaliser des exercices et
séances plus ludiques, moins spécifiques, pour reposer "mentalement" l'athlète |
Importances accordées aux différents paramètres en fonction de la période de préparation
Quantification
ou calcul de la charge
La charge d'entraînement dépend :
- - de la durée des exercices,
- - de leur intensité,
- - des temps de récupération placés entre eux.
La
complexité et la
spécificité ne rentrent pas à proprement dit
dans le calcul puisque c'est plutôt la forme des exercices qui traduit ces facteurs.
Un entraînement de longue durée ne se traduit pas forcément par une valeur de
charge élevée si son intensité est faible, alors qu'un entraînement très intense
atteindra une valeur de charge élevée même sur une période courte. De même,
un entraînement sollicitant intensivement mais partiellement et localement la
musculature (en musculation par exemple) ne se traduira pas forcément par une
valeur de charge aussi élevée qu'un entraînement mobilisant l'ensemble de la
masse musculaire générale (en course par exemple).
Le calcul des charges est un sujet qui a fait se creuser la tête à pas mal d'entraîneurs
et de chercheurs, car en plus des paramètres facilement quantifiables que peuvent
être le volume et l'intensité, intervient un
coefficient de difficulté.
Celui-ci lié directement au rapport effort - récupération n'est pas si aisé
à quantifier que cela. Si le calcul de charge ne prenait en compte que les paramètres
volume et intensité on trouverait une charge équivalente pour un exercice continu
ou intermittent. Un 5000m à 80% de la VMA serait équivalent à 10 x 500m à 80%
VMA entrecoupés de 2mn de récupération.
Un
coefficient pondérateur prenant en compte la
difficulté estimée
de l'exercice doit donc être inclus au calcul. Plusieurs méthodes de quantification
de l'entraînement ont été proposées, certaines d'entre elles utilisées avec
un certain succès, mais il n'existe à ce jour aucune méthode polyvalente permettant
de quantifier efficacement la charge d'entraînement pour les activités mixtes.
Il est particulièrement difficile d'apprécier correctement la charge associée
à des activités d'entraînement ou de compétition réalisées à des intensités
supra-maximales où la fréquence cardiaque ne peut être utilisée (sprints, pliométrie,
confrontation, etc....).
Quelques méthodes peuvent être citées :
La méthode de Foster, méthode où la durée de l'effort est multipliée
par le degré de difficulté perçue par l'athlète, en fonction de l'échelle
de Borg (Borg, G. Holmgren, Lindblad, I. "Quantitative evaluation of chest
pain". Acta Medica Scandinavia, 644 (suppl.)43-45, 1981) :
- 0 = rien du tout,
- 0,5 = extrêmement faible,
- 1 = très faible,
- 2 = faible,
- 3 = modérée,
- 5 = forte,
- 7 = très forte,
- 10 = extrêmement forte " douleur max ",
- 11 = maximum absolu.
Par exemple, 120mn à une intensité de 4 sur l'échelle de Borg donnera une charge
de 480 points (120 x 4).
La méthode de calcul de la charge d'entraînement à partir de l'échelle
d'ESIE - Estimation Subjective de l'Intensité de l'Exercice (Grappe
et al., 1999) qui est identique à la précédente mais basée sur une échelle
comprenant 7 niveaux cœfficientés :
- 2 = intensité légère (I1),
- 2,5 = moyenne (I2),
- 3 = soutenue (I3),
- 3,5 = seuil (I4),
- 4,5 = PMA (I5),
- 7 = sous max (I6),
- 11 = max (I7).
La méthode de Mercier (D. Mercier - La
charge d'entraînement en athlétisme AEIFA, 16 rue Vincent Compoint 75018
PARIS Internet : www.aeifa.com ), où c'est un kilométrage et non plus un
temps qui est pris en compte.
La méthode des training impulses (" TRIMP
") proposée par Banister, méthode fondée sur le temps passé dans différentes plages de fréquences
cardiaques. La formule est basée sur un calcul non linéaire.
Durée exercice x Intensité x Facteur de pondération, avec Durée en mn, Intensité = (FC moyenne de l'exercice
- FC repos) / (FC max - FC repos), et Facteur de pondération = 0.64 x Exp (Intensité x 1.92).
La méthode EPOC (excess post-exercise oxygen
consumption) où l'idée est de quantifier un effort en essayant prévoir quelle dette d'oxygène il va
générer (société Firstbeat Technologies Ltd.). A l'aide de cardio-fréquencemètres très précis (ex: Suunto T6)
pouvant mesurer la fréquence cardiaque au millième de seconde et des paramètres physiologiques de l'athlète, on
peut mesurer la fatigue de la sortie d'entraînement et indirectement la charge de travail.
E-Sporting-Coach a développé une calculatrice d'entrainement gratuite
et téléchargeable,
TRAINING
CALC, permettant de calculer les charges d'entraînement.
L'objectif du développement d'une calculatrice de charges est de pouvoir quantifier réellement les paramètres
dont le résultat du produit correspondra à un niveau.
En effet dire qu'un volume ou une intensité est très grand, grand, moyen ou faible relève d'une subjectivité
certaine.
C'est pourquoi TRAINING CALC vise à quantifier les charges d'entraînement et le niveau de fatigue de l'athlète
afin de proposer une individualisation du processus d'entraînement, une approche efficace de la quantification
de l'entraînement et une prévention des effets préjudiciables du surentraînement.

Intérêt et utilité
du calcul de charge
Calculer une charge de travail pour le fait de calculer, n'a d'intérêt ni pour le sportif ni pour le préparateur.
L'objectif est de faire
coïncider les niveaux de sollicitation avec un
effet résultant attendu : grande ou très grande sollicitation pour un développement
des qualités, sollicitation moyenne pour une stabilisation, etc...
H. HELAL (Mémento de l'éducateur sportif 2ème degré - INSEP Publication) associe les composantes de charge
d'un exercice aux effets résultant suivant :
Evaluation du niveau de sollicitation d'une séance
| Composantes de la charge d'un exercice |
Effets résultants |
| Intensité |
Volume |
Sollicitation |
| Très grande |
Grand |
Supra maximum |
Sur-entraînement |
| Moyen |
Maximum |
Forme de compétition |
| Faible |
Très grand |
Développement |
| Grande |
Grand |
| Moyen |
Grand |
| Faible |
| Moyenne |
Très grand |
Développement / stabilisation |
| Grand |
Moyen |
Stabilisation |
| Moyen |
Faible |
Récupération |
| Faible |
Grand |
Très faible |
Désentraînement |
| Moyen |
Récupération |
Dynamique des charges
Suivant que l'on cherche à développer ou stabiliser le niveau
des ressources, les dynamiques de charge des microcycles se succédant
peuvent être :
| Dynamique progressive |
Dynamique ondulatoire |
Dynamique linéaire |
Dynamique dégressive |
| Développement |
Développement |
Développement et stabilisation |
Stabilisation |
 |
 |
 |
 |
| La progression se fait en augmentant un paramètre tel que
le volume par exemple, puis tout en maintenant celui-ci au même
niveau, on augmente un autre paramètre, tel que intensité ou complexité
par exemple |
Il y a une alternance des charges importantes et des charges
moyennes |
Le niveau identique des charges permet de donner un niveau
résultant moyen facilement calculable. En enchaînant plusieurs unités
de charges importantes, une stimulation de l'organisme sera visée, alors
qu'un niveau moyen des charges permettra une stabilisation des capacités |
L'unité de charge la plus importante est placée en tête
pour bénéficier d'un état de fraicheur, surtout si le cycle suit une phase
de récupération. Les charges vont ensuite baisser de niveau pour conserver
cet état de fraicheur |
Place de
la récupération dans le processus d'entrainement
La
récupération est l'élément régulateur de la planification. Elle forme
avec l'
effort le
couple
indissociable déterminant la sollicitation. Dans toutes les subdivisions
de l'entraînement, la récupération est présente et permet
(1) :
- - La régulation dans la planification,
- - L'optimisation, le conditionnement et la garantie de la qualité de l'entraînement,
- - La préparation des séances suivantes,
- - Le guidage des effets de la charge,
- - La conduite à la surcompensation,
- - L'évitement du surentrainement,
- - L'apprentissage de la gestion de la fatigue pour le sportif.
(1) " Les experts en question. Norbert Krantz et Laurent Dartnell. Collection
Entraînement - Insep"
La forme de la récupération sera soit passive, active, complète, incomplète.
Elle pourra être réalisée par des exercices ou séances à bas niveau de sollicitation,
sous d'autres formes d'activités sportives, sous la forme d'étirements post
entraînement, par des massages, balnéothérapies, etc…
Facteurs de performance et niveau de fatigue
Certaines qualités peuvent être améliorées ou développées suivant un état de fatigue antécédent important alors que
d'autres demanderont un état de fraicheur maximal. Le non respect de ces paramètres peut amener l'athlète au
surentraînement ou à la stagnation des qualités.
| Etat de fraicheur indispensable |
Etat de fatigue peu important possible |
Etat de fatigue modérée possible |
Etat de fatigue avancée possible |
| Vitesse |
Endurance de vitesse |
Capacité lactique |
Endurance aérobie |
| Coordination spécifique à haute vitesse |
Force endurance |
Puissance aérobie |
Souplesse |
| Force vitesse |
Stabilisation du développement de techniques
spécifiques par variété des conditions d'exécution |
Endurance maximale aérobie |
- |
| Acquisition de techniques spécifiques (gestes moteurs) |
- |
Exécution de techniques spécifiques en situation de fatigue |
- |
Agencement séquentiel
des sollicitations dans une séance
Si une séance d'entraînement est multi objectifs (technique + physique par exemple),
un ordre préférentiel des exercices permet de maximiser les effets de l'entraînement.
- Les exercices de vitesse et d'acquisition de techniques doivent être placés
en première partie de séance, après l'échauffement, lorsque l'organisme est
reposé.
- Les exercices d'endurance de vitesse doivent être placés avant ceux entraînant
le système lactique ou aérobie.
- Si les 3 systèmes sont sollicités dans la séance, l'ordre d'entraînement doit
être : exercices de vitesse => exercices entraînant le système lactique => exercices
entraînant le système aérobie.
Agencement des
charges dans un microcycle
Lorsque le facteur de performance à entraîner est déterminé (vitesse, puissance
force, etc...), ainsi que l'objectif de développement (introduction, développement,
etc...), il faut disposer les séances dans le microcycle en fonction des impératifs
logistiques et des alternances efforts - récupération en rapport avec le facteur
concerné :
- - Identification du nombre de séances "choc" (sommets de charge) permettant
de développer le facteur concerné,
- - Détermination de la possibilité d'entrainabilité de la qualité en fonction d'un niveau de fatigue
pour respecter le temps de récupération nécessaire,
- - Placement d'activités de récupération après des séances sommets de charge (soins, exercices variés, ludiques
et moins spécifiques),
- - Respect du temps séparant la dernière séance choc et la compétition (48h),
- - Placement des séances à contenu vitesse en début de semaine si la fin du microcycle précédent
était à but de récupération.
Affûtage
Pour optimiser les performances individuelles d'un athlète lors d'une compétition majeure, une période de
plusieurs jours au cours de laquelle la charge d'entraînement est réduite de façon conséquente, peut être suivie.
elle est nommée période d'affûtage ou "période où on fait du jus" dans un langage plus populaire.
L'objectif principal de cette période est de réduire les effets négatifs d'un entraînement intensif préalable
(fatigue physiologique et psychologique), et d'améliorer ainsi la capacité de performance sportive.
Les sportifs concernés sont donc ceux ayant atteint un niveau de condition physique
optimal et étant soumis à un volume d'entraînement relativement élevé. La période
d'affûtage doit être associée à une amélioration de la qualité du sommeil, et
déduire ainsi la sensation de fatigue pour une sensation de vigueur accrue.
Les questions découlant de ce principe de réduction d'effort sont :
1) Combien de temps doit durer la période ?
La réponse est ... ça dépend ! Il semble néanmoins qu'une durée variant de 4 à 21 jours suivant
l'activité et la charge d'entraînement précédente permette une amélioration ou une stabilisation des effets positifs
occasionnés par l'entraînement.
2)
Quels paramètres diminuer : volume, intensité ou complexité ?
Dans le but d'éviter un désentraînement trop rapide, il faudra diminuer le volume
d'entraînement , durée des séances puis fréquence des séances, tout en conservant
une grande intensité au cours de celles-ci.
3)
Dans quelles proportions alléger l'entraînement ?
La proportion d'allègement de la charge se situera aux alentours de 50 à 80 % avec une fréquence diminuée d'environ 40%
voire moins pour des athlètes de très haut niveau.
Du fait de la réduction de la charge, les activités pratiquées doivent être ciblées et très spécifiques à la discipline
concernée.
La période d'affûtage est donc utile pour optimiser la performance. Néanmoins
il n'y a pas de miracle : c'est le travail effectué en amont qui sera primordial
car des statistiques chiffrent à environ 2-3% le bénéfice de cette période sur
le résultat final dans un contexte chronométré.
Surentraînement
La différence entre un sportif débutant, un sportif confirmé et un sportif expert
c'est le
niveau de performance visé. Celui-ci s'accompagne d'une augmentation
du temps consacré à l'entraînement et du nombre hebdomadaire de séances intenses.
Ce qui va changer entre ces catégories de sportifs c'est la
récupération
physique et psychologique pour ne pas entrer dans un état de
surentraînement.
L'entraîneur et l'entourage médical devront veiller à déceler les signes accompagnant
l'apparition de cet état et à prendre les mesures nécessaires pour y remédier.
La
prévention reste le moyen le plus efficace pour lutter contre le syndrome
de surentraînement, car celui-ci est difficilement détectable avant son stade
final et il peut être très long à soigner.
Trois stades de surentraînement peuvent être observés :
- - Le premier se traduit par une fatigue moyenne et nécessite une période
de récupération,
- - Le deuxième se traduit par une fatigue chronique accompagnée de symptômes
biologiques et comportementaux. Des processus d'aide et de récupération
sur un moyen terme seront nécessaires,
- - Le troisième, enfin, qui se traduit par un état de fatigue
important et permanent accompagné de manifestations neurologiques et hormonales
ainsi que de pertubations aux plans affectifs et mentaux. Ce cas demande
une prise en charge médicale et psychologique et peut déboucher sur l'impossibilité
pour l'athlète concerné, de retrouver un état de "performance".
Symptômes
- - Fatigue chronique, à ne pas confondre avec la fatigue "normale" qui suit un
entraînement ou à un état passager de fatigue d'une durée de 2 à 4 jours,
- - Modification des paramètres physiologiques (fréquences cardiaques de repos et maximale en
augmentation, élévation de la pression artérielle) et biologiques (fer sanguin,
oligo éléments, rapport testostérone / cortisol ...),
- - Diminution du rendement musculaire,
- - Baisse de motivation pour s'entraîner voire apathie au quotidien,
- - Baisse de la qualité du sommeil allant jusqu'à l'insomnie,
- - Baisse de l'appétit pouvant entraîner une perte de poids,
- - Modification du caractère allant de l'irritabilité jusqu'à l'agressivité,
- - Instabilité émotionnelle,
- - Etc ...
Causes fréquentes
Les principales causes peuvent être classées en quatre domaines.
1) Les efforts eux même :
- - Non respect des règles d'alternances effort - récupération (mauvaise programmation),
- - Surdosage des charges d'entraînement (inadapté par rapport au niveau de l'individu),
- - Augmentation brutale et non progressive des charges d'entraînement,
- - Etc ...
2) Les règles d'hygiène de vie :
- - Manque de sommeil,
- - Alimentation inadaptée à l'entraînement voire de mauvaise qualité (n'amenant pas suffisemment d'apport glucidique,
protidique, lipidique ainsi qu'en vitamines etc...),
- - Utilisation régulière d'alcool, tabac ou drogues,
- - Etc...
3) La santé de l'individu :
- - Petites maladies,
- - Infections,
- - Etc ...
4) Les problèmes familiaux, professionnels et affectifs.
Moyens de récupération
Pour récupérer d'un état de surentraînement, il va falloir supprimer la ou les causes génératrices, ajouter des moyens
réparateurs, puis suivant le degré de gravité, réduire la charge d'entraînement voire imposer un repos complet.
Prévention
Des pratiques en rapport avec le niveau du sportif permettront de prévenir grandement du surentraînement :
- - Rationalisation de l'entraînement grâce à une programmation établie (respect des temps de régénération,
augmentation progressive des charges, etc...) et à une individualisation du programme (en rapport avec l'âge, le niveau,
les qualités individuelles, etc...),
- - Suivi médical régulier (prophylaxie, tests d'efforts, etc...),
- - Alimentation et diététique adaptées (aliments, apports hydriques, compléments alimentaires),
- - Respect des bonnes règles d'hygiène de vie (sommeil, tabac, alcool),
- - Utilisation de méthodes complémentaires de récupération et relaxation (massages, sauna etc...).
Evidemment les problèmes liés aux rapports familiaux, affectifs et professionnels
seront plus difficiles à prévenir. Néanmoins une attention et une communication
particulière de l'
entraîneur peut éviter un repli
de l'athlète sur lui même, en exprimant ses problèmes personnels. La variation
des situations d'entraînement permettra aussi d'éviter une fatigue mentale liée
à l'aspect répétitif des exercices sur l'année voire sur la carrière.
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