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Blessures courantes - Prévention
- Impact du stress - Trousse médicale
Article réalisé en collaboration du docteur Christelle MICALLEF
Lorsque le sportif tend vers la performance, il doit pousser son corps dans les limites de ce que ce dernier peut accepter. Il est comme un funambule sur sa corde, toujours à la limite de basculer.
L'intensité physique des entrainements, leurs répétitions, le stress engendré par ceux-ci et les compétitions sont des facteurs de traumatismes physiques.
De plus, si la discipline pratiquée comporte des contacts avec l'adversaire (sports collectifs, sports de combats), le risque de blessures augmente fortement.
Dans les sports de combats et de contacts (boxes, rugby, foot américain, etc..) ce risque est encore accru puisque la " victoire " (celle du match ou celle d'une action) est attribuée à celui qui aura été le plus efficace dans l'action de stopper l'adversaire (placage, hors combat, etc..).
Dans le but de ne pas provoquer ou aggraver un traumatisme, ainsi que d'accélérer la guérison, il est indispensable de savoir reconnaître ces blessures, diagnostiquer leur gravité, connaitre les gestes de base indispensables ainsi que les éviter au maximum par des moyens préventifs.
La raison doit l'emporter aussi sur la passion et l'envie : une blessure mal soignée ou un temps de repos insuffisamment suivi par l'athlète peut avoir des conséquences graves et amputer à long terme les performances du sportif avec une zone récurrente de fragilité.

Blessures
courantes
Deux types de blessures peuvent être rencontrés :
- Les blessures ligamentaires, articulaires, musculaires,
- Les blessures causées par les chocs.
Un cas ne sera pas traité, celui
des fractures. En effet une fracture, faisant suite à une chute ou à un choc
est du ressort médical voire chirurgical.
Il est difficile sauf en cas de fracture ouverte (l'os est cassé et pousse ou déchire la peau) de déceler ce type
de traumatisme sans radiographie ou autres examens médicaux. Les symptômes peuvent parfois se rapprocher de ceux
d'entorses ou luxations décrites ci -dessous.
La conduite à tenir en cas de doutes est de ne pas déplacer le blessé
et de le placer dans une position confortable en attendant les secours.
Blessures ligamentaires,
articulaires, et musculaires : définition, diagnostic et traitement
Entorse :
Définition
: Lésion traumatique résultant d'une distorsion brutale de l'articulation.
Il y a élongation ou arrachement des ligaments mais pas de déplacement permanent
des surfaces articulaires.
Diagnostic
: La douleur, la tuméfaction et la difficulté à bouger l'articulation sont
les principaux symptômes de l'entorse.
Traitement : Application
immédiate de glace, puis strapping/contention
souple (élastoplaste ou orthèse) à traitement orthopédique (plâtre) ou
chirurgical, kiné +/-.
Délai de guérison
: En cas d'entorse bénigne (ou foulure), la durée de traitement est de 3 semaines
environ, et d'une manière générale d'environ 6 semaines.
Voir
une vidéo sur la réalisation d'un strapping suite à
une entorse de la cheville
Luxation :
Définition
: Lésion résultant d'une distorsion brutale de l'articulation. Il y a élongation
ou arrachement des ligaments et déplacement permanent des surfaces articulaires.
Diagnostic
: Douleur insupportable, proéminence osseuse due au déboitement et impotence fonctionnelle.
Traitement : Remise
à " chaud " par un professionnel ou traitement chirurgical.
Délai de guérison
: 4 à 6 semaines avec kiné et reprise progressive.
Crampe :
Définition
: Contraction soudaine, intense, involontaire et passagère d'une partie ou
de la totalité d'un muscle; sa durée est variable et généralement brève. Elle
est due à : - Une perte importante de sels minéraux et d'eau au cours d'une
grosse transpiration, - Un manque d'oxygène sur un muscle mal préparé ou mal
adapté à l'effort.
Diagnostic
: Douleur soudaine et intense accompagnée de la contraction d'un muscle.
Traitement : Etirer
doucement le muscle en massant la zone contractée. Prendre des boissons riches
en magnésium et minéraux.
Délai de guérison
: Temps de disparition de la contraction et de la douleur.
Contracture :
Définition
: Contraction musculaire involontaire d'un certain nombre de fibres musculaires
d'un muscle ou d'un groupe de muscles. Elle se différencie de la crampe par
une durée beaucoup plus longue.
Diagnostic
: Douleur très localisée ressentie après l'exercice et pendant les moments de repos. Si l'effort est poursuivi, le muscle se raidit de plus en plus et la douleur devient sensible puis handicapante au cours de l'exercice. Un point dur se révèle à la palpation.
Traitement : Mise
au repos et application de compresse chaude enveloppée dans un linge sur la
zone douloureuse. Massages voire exercices de kinésithérapie avec mise en
étirement progressif après quelques jours. Possibilité de traitement médical
avec décontracturants musculaires et antalgiques contre la douleur.
Délai de guérison
: 2 à 3 jours d'arrêt.
Elongation :
Définition
: Etirement des fibres avec micro-rupture des vaisseaux.
Diagnostic
: Douleur vive lors de l'effort perçue sur toute la longueur du muscle.
Traitement : Pose
de glace dans un 1er temps et repos le temps de la perception de douleur.
Ensuite massages légers (après 2 à 3 jours) voire traitement par un kinésithérapeute.
Délai de guérison
: Reprise de l'entraînement après 10 à 15 jours d'arrêt.
Claquage :
Définition
: Rupture subite complète ou incomplète de fibres musculaires en un point
précis.
Diagnostic
: Douleur très vive immédiatement suivie d'une impotence du sujet. Un hématome
localisé peut être perceptible.
Traitement : Application
immédiate de glace pour refroidir la zone concernée et repos. Si de très nombreuses
fibres musculaires sont rompues, on est en présence d'une déchirure musculaire
qui nécessite un traitement médical avec prise d'anti-inflammatoires.
Délai de guérison
: 4 à 6 semaines avec kiné et reprise progressive
Tendinites :
Définition
: Inflammation douloureuse d'un tendon.
Diagnostic
: Douleur à la palpation et à la mise sous tension du tendon, sensation d'accrochage
douloureux lors des mouvements mettant en jeu le tendon suivant le moment
d'apparition de la douleur. On distingue des stades différents, allant de
la douleur au bout d'un certain temps d'entraînement à la douleur permanente
sans disparition de la douleur entre les entraînements .
Traitement : Repos
et/ou immobilisation par contention, anti-inflammatoires non stéroïdiens,
antalgiques, kiné, ostéopathie.
Délai de guérison
: Suivant le stade de la tendinite de 15 jours à 6 semaines.
Blessures causées par les chocs : définition, diagnostic et traitement
Les blessures selon les zones :
La
tête : Les chocs à la tête peuvent entraîner différents traumatismes
tels que commotion cérébrale ("KO"), coquards et plaies à l'arcade sourcilière,
aux lèvres ou aux gencives, hémorragie du nez, fracture du nez ou de
la mâchoire. D'autres cas plus rares peuvent être générés par des chocs
comme des lésions cérébrales, fractures du crâne, hémorragies de l'oreille
interne ou externe, plaies du cuir chevelu, lésions de l'œil.
Le buste
: Les dommages causés les plus graves concernent essentiellement le
foie, le plexus solaire et les côtes. Des chocs reçus sur ces zones
peuvent entraîner une perte de connaissance ou un étouffement (par blocage
du diaphragme) ou encore des traumatismes aux côtes (hématomes, fêlures
ou fractures).
Les membres
: En Savate, les blessures les plus courantes seront les contusions
sur les quadriceps, les plaies et ecchymoses sur les tibias ou les avant-bras
ou encore les traumatismes sur le genou.
Les mains et les
pieds : Il s'agit là non pas des coups reçus mais de ceux portés.
Métacarpes ou métatarses, phalanges ou orteils ainsi que poignets ou
chevilles peuvent être endommagés par des blessures bénignes à graves.
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Contusion :
Définition
: Lésion créée par un écrasement des fibres musculaires lors d'un choc externe
violent donné directement sur le muscle.
Diagnostic
: Douleur musculaire localisée et difficulté à faire bouger les muscles de
la partie atteinte voire impotence fonctionnelle. Apparition d'ecchymose ("
bleu "), d'hématome (sang répandu dans le muscle) ou même d'œdème (renflement
sous cutané du à l'accumulation intratissulaire de liquides).
Traitement : Application
immédiate de glace et repos. Surtout pas de massage avant 3 ou 4 jours pour
ne pas favoriser de nouveaux saignements dans le muscle (vasodilatation).
Bandage compressif mais serré modérément. Traitement médical anti douleur,
anti inflammatoire et anti œdème suivant l'importance de la blessure.
Délai de guérison
: Reprise de l'entraînement suivant gravité après 8 jours d'arrêt minimum.
Commotion cérébrale :
Définition
: Ebranlement du cerveau, consécutif à un choc qui perturbe son fonctionnement.
Le degré de gravité varie de sensations de vertiges jusqu'à la perte de connaissance.
Diagnostic
: Mesurer la gravité du trouble :
1) Le blessé répond normalement aux questions et suit une conversation.
2) Il répond seulement aux questions directes.
3) Il répond vaguement aux questions.
4) Il obéit aux ordres.
5) Il réagit seulement à la douleur.
6) Il ne réagit plus du tout.
En fonction des résultats, la commotion est classée de gravité :
- Gravité légère : confusion, pas d'amnésie, pas de perte de conscience,
- Gravité modérée : confusion et amnésie, pas de perte de conscience,
- Gravité sévère : perte de conscience.
Traitement : Enlever
le protège-dents si présent, couvrir le sportif, le mettre au repos. En cas
de perte de vigilance, placer le blessé en position latérale de sécurité (PLS)
et appeler les secours. Dans tous les cas la visite chez un médecin est impérative.
Délai de guérison
: Ce délai est lié au degré de gravité. Dans tous les cas même en cas de gravité
légère, la reprise doit se faire après un temps de repos et une reprise progressive
où aucun nouveau choc ne peut être subi. Dans les autres cas, c'est le domaine
médical qui donnera les délais et modalités de reprise.
Les sports recherchant le hors combat suivent les hors combats cérébraux en les
notifiant sur un passeport sportif par exemple (Savate boxe française)
du boxeur pour une gestion de santé rigoureuse. Si ceux-ci sont subits à l'entraînement,
il faut respecter de la même façon les délais et traitements car il en va de
la santé du sportif.
Prévention des blessures
La prévention des blessures est un domaine qui concerne le sportif lui même mais
aussi l'entraîneur. Certains de ces actes préventifs sonnent comme une évidence mais sont
pourtant loin d'être toujours respectés :
- Bon échauffement général et spécifique accompagné d'une progression de l'intensité dans l'entraînement (élèvation
de la température corporelle, facilitation de la vascularisation locale des muscles actifs,des apports en oxygène,
en nutriments, facilitation de l'activation neurotransmettrice, de l'extensibilité musculaire, favorisation de
la réalisation de mouvements de plus grande amplitude articulaire. En compétition, il augmente la vigilance, facilite
la concentration et la confiance en soi.
- Renforcement musculaire : renforcement spécifique des régions sollicitées,
- Exercices adaptés à l'état de forme (retour de blessure par exemple) et au niveau de pratique du sportif (individualisation),
- Gestion du surentrainement par une planification rigoureuse,
- Hydratation et diététique adaptées au sportif,
- Gestion de la récupération post séances (étirements, repos, massages, cryothérapie, etc...),
- Gestion des temps de récupération entre les rencontres,
- Emploi de matériels adaptés et port de protections (casque, protège-dents, protège-tibias, gants de boxe plus gros, etc…),
- Correction de la technique,
- Utilisation de vaseline lors des combats de boxe pour éviter les plissements et coupures de la peau.
La liste n'est pas exhaustive et fait appel au bon sens. Il est véritablement du ressort de l'entraineur de vérifier
et de responsabiliser le sportif dans le respect de ces consignes.
Impact du stress sur les blessures
La gestion du stress est actuellement très étudiée pour son rôle dans la prévention des blessures (intervention de type préparation mentale) :
- Soit en cherchant à modifier les mécanismes cognitifs d'interprétation de la situation (travail sur les causes),
- Soit en travaillant sur les mécanismes physiologiques et attentionnelles du stress (travail sur les conséquences).
Etudes réalisées en 2005 et 2007 sur des footballeurs
élites, des rugbymen et des danseuses classiques (ref : ?)
32 athlètes des 3 disciplines ont été séparés en deux groupes. L'un a
suivi la préparation présentée ci-dessous, l'autre n'a suivi aucune préparation
mentale spécifique.
- 6 séances de préparation mentale de 45 à 90mn +
2 relances téléphoniques au cours des 6 mois consécutifs à l'intervention.
Le suivi des blessures durant les 6 mois suivant l'intervention a donné
des résultats très significatifs :
- 21 blessures réparties sur 13 joueurs dans le groupe non préparé mentalement,
- 3 blessures réparties sur 3 joueurs sur le groupe expérimental.
La recherche de la gestion du stress joue donc également un rôle dans la
prévention des blessures. |
Trousse
médicale de premier secours
Les gestes de première urgence peuvent être réalisés grâce à des produits de
soins détenus dans la trousse médicale d'urgence :
- Froid : glace, bombe spray, packs froid instantané,
- Pansements et stéristripes,
- Compresses stériles,
- Bandes, élastoplaste,
- Vaseline hémostatique,
- Produits désinfectants,
- Gel ou lotion à l'arnica, doses arnica homéopathiques,
- Ciseaux,
- Gants stériles,
- Cotons tiges,
- Mèches nasales,
- Couverture de survie.
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