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Le blog du coach >Souffrances glorieuses
L’explication de cette obligation de souffrance est à trouver dans les sources de la performance : la physiologie et la psychologie. Physiologiquement, la base de l'entraînement physique repose sur le principe de cumul de stimulations dans le temps : c'est le processus de surcompensation. Lorsqu’une charge d'entraînement proche des capacités maximales d’une qualité physique est appliquée à l'organisme, l'état du potentiel énergétique après restauration devient supérieur à l'état initial. La répétition judicieuse et calculée de nouvelles charges permet d’augmenter le potentiel de l’athlète. Psychologiquement, c’est le stress absent lors de l’entrainement et présent en compétition qui doit être contrebalancé par une autre source anxiogène. L’athlète doit vivre des situations où la dureté de l’entrainement est plus élevée que ce qui sera rencontré en match. Grâce à cette anticipation de la difficulté, le sportif va se conditionner pour accepter la douleur nécessaire à la progression. Accepter cette douleur est une chose étrange, surtout dans notre société où tout est construit pour un meilleur confort. Le quidam ne peut pas comprendre pourquoi il faut s’infliger des souffrances. Le champion, lui, le sait : aucun progrès ne peut être acquis sans peine. En quoi consiste cette souffrance nécessaire
Douleur, douleur, dis moi qui tu es C’est une sensation étrange et personnelle. Les retours d’informations sensorielles vers le centre de contrôle existent mais le sportif en tiendra compte ou non. C’est une opinion subjective et ponctuelle. L’athlète doit percevoir la pénibilité comme un passage déstabilisant, mais pas inadmissible pour aller au bout de lui-même. L’entrainement est là pour cela : modifier l’interprétation de la souffrance pour repousser ses limites.
Penser à s’entrainer et non à gagner Tsun Zu dans « l’Art de la guerre » disait « [qu’] il faut que les soldats demandent le combat et les duels plutôt que la victoire. » On peut faire le parallèle avec l’état d’esprit que les athlètes doivent impérativement avoir à l’entrainement : ils doivent s’entrainer sans gérer, sans calculer, sans tricher. Certains - nommés « Game players » chez les anglo-saxons -, sous prétexte de fraicheur pour la rencontre à venir, sont économes de leurs efforts. Ils ne se font pas mal, ne poussent pas la machine dans ses retranchements. C’est une erreur. Ils tuent leur condition physique et amenuisent leur force psychologique. Les risques de blessures sont alors multipliés et deviennent source d’excuses pour les futures contre-performances. L’entrainement, art de l’équilibre Dans une planification complète de préparation, il ne faudrait pas imaginer faire toutes les séances à bloc. Savoir doser les alternances d’effort et de récupération est du ressort de l’entraineur. Gérer la douleur physique est aussi difficile que marcher sur le bord d’un précipice. L’éthique est à prendre en compte, qu’il s’agisse des risques de dopage ou du respect humain : la vue sur l’entrainement des jeunes gymnastes chinoises pose des limites aux doses de douleurs qu’on peut imposer à nos propres athlètes. Il faut savoir pousser l’athlète dans ses retranchements, l’obliger à dépasser les limites qu’il croit avoir. Mais il faut garder raison, « les vrais besoins n’ont jamais besoin d’excès » comme l’a dit Jean-Jacques Rousseau.
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