Suivant le Larousse, la vitesse est "La qualité d'une personne ou d'une chose qui se déplace, agit
beaucoup en peu de temps; rapidité à agir, promptitude."
Sur un plan sportif, la vitesse est donc liée à la rapidité
d'exécution d'un mouvement simple ou complexe (tâche motrice)
et à la composante perceptive organisatrice de celui-ci (réaction).
Qualité physique majeure dont les formes d'actions sont différentes
(sprint, enchaînement de boxe, service au tennis, sauts, etc...), elle
concerne les efforts courts et de très forte intensité.
La vitesse, qualité complexe, est liée à :
- La bio-mécanique : qualités
neuro-musculaires et morphologiques,
C'est une qualité complexe, car dans les activités sportives, elle est toujours liée à
d'autres capacités comme la force et la technique. Elle peut intervenir sous différentes formes :
- Mouvement unique réactif à un signal,
- Mouvement enchaîné cyclique ou non,
- Vitesse de déplacement corporel ou segmentaire.
Les différentes composantes élémentaires de la vitesse peuvent aussi s'emboîter et/ou se
succéder et déboucher alors sur des formes combinées.
La vitesse est un facteur de performance de plus en plus privilégié dans l'entraînement moderne. En
effet, si toutes les disciplines de course de vitesse (sprint) basaient évidemment déjà leur
entraînement sur son développement, d'autres sports comme les sports duels ou les sports collectifs
l'ont intégré comme une qualité physique à développer prioritairement.
Souvent déterminante dans le résultat, la vitesse doit être
développée et entretenue durant toutes les périodes
d'entraînement annuel, mais aussi dans un plan plus large, dès
le plus jeune âge, en se basant toujours sur une approche qualitative.
Aujourd'hui, il est commun de rapprocher le développement de la vitesse
à celui de la force. La vitesse de mouvements présente dans les
activités sportives étant une aptitude à rapprocher vitesse
et force, avec un degré d'importance de celle-ci plus ou moins relatif.
Adrénaline !!! vitesse et explosivité
Lisandro Araneda
Paramètres constitutifs de la vitesse
Suivant leurs auteurs, les dénominations des composantes de la vitesse
sont différentes. Il ne s'agit que de vocabulaire et trois facteurs essentiels
constituant la vitesse sont identifiés :
- La vitesse de réaction,
- La vitesse gestuelle (Zatiorsky) ou vitesse de mouvement unique
(Korobkov) ou vitesse d'un mouvement isolé (Pradet),
- La fréquence gestuelle (Zatiorsky/Pradet) ou fréquence de mouvement (Korobkov), qui est
exprimée sous le terme vélocité dans les sports cycliques et enchaînements de
tâches dans les sports complexes.
Vitesse de réaction
En considérant que le temps de réaction est celui s'écoulant
entre la détection du signal déclencheur et le début de
l'action musculaire du mouvement réponse, la vitesse de réaction
correspond à un ensemble "perception d'information - analyse - déclenchement
musculaire du traitement".
Suivant les disciplines sportives et les spécialités, la vitesse de réaction sera liée
à des facteurs plus ou moins complexes :
- Signal déclencheur simple ou complexe,
- Nombre de réponses uniques ou multiples.
Un ensemble combiné "signal complexe - possibilité de réponses
multiples" engendrera un temps de réaction plus élevé
qu'un ensemble "signal unique - possibilité de réponse unique".
En effet, le choix des réponses adaptées par rapport aux choix
des informations pertinentes percues, demande un traitement de l'information
plus long. Néanmoins, plus l'ensemble "signal - analyse - réponse"
est complexe, plus l'entraînement a de possibilité de faire évoluer
la vitesse de réaction dont la marge d'amélioration est relativement
faible.
Dans le cas d'un départ de 100 m par exemple, le temps de réaction
est dépendant de la motivation du coureur, des qualités physiques
liées à la vitesse elle-même, et à son attention
par rapport au coup de pistolet du starter. L'entraînabilité serait
de l'ordre de 5-10% seulement.
Par contre pour un boxeur réalisant une action "défense -
contre-attaque", l'entraînabilité pourrait atteindre 40%,
car dans ce cas plusieurs paramètres supplémentaires à
ceux énoncés précédemment limitent la vitesse de
réaction :
- Incertitude temporelle et spaciale du stimulus déclencheur,
- Degré d'expertise de l'individu, puisque le niveau technique et tactique influence le nombre
de réponses possibles,
- Capacité de concentration en état de fatigue,
- Etc...
L'anticipation : la
vitesse de réaction peut être améliorée grâce
à l'anticipation d'évènements futurs (prédiction).
Elle intervient essentiellement lors de la phase préparatoire composée
de la prise d'information, l'analyse du cas, du choix et de l'organisation de
la réponse. Des indices relevés dans l'attitude de l'adversaire
par exemple, vont entraîner une réponse programmée et mémorisée
lors des entraînements. L'observation d'indices prédictifs permet de court-circuiter
l'étape du choix de la réponse mémorisée à partir d'une identification partielle.
Evidemment l'anticipation est un "pari" sur l'attitude adverse et induit un risque d'erreur dans la
réponse.
Vitesse gestuelle / vitesse de mouvement unique / vitesse de mouvement isolé
La vitesse gestuelle qui est une vitesse d'accélération, correspond véritablement au
problème de vitesse (exécuter un mouvement dans le temps le plus court possible).
Mécaniquement elle dépend de l'efficacité de la contraction musculaire, c'est à dire de la
force et de la vitesse de contraction permettant de déplacer le levier osseux concerné.
En terme de définition, la vitesse gestuelle consiste à effectuer un mouvement segmentaire simple (flexion
de l'avant-bras sur le bras par exemple) ou plus global (tir au handball) avec des contractions musculaires
d'intensité maximum contre une résistance nulle ou réduite. Si la résistance opposée
s'élève, le rapport entre force et vitesse se modifie jusqu'à un point intermédiaire
recherché dans de nombreuses disciplines, puis bascule dans une zone où la limite est la force maximale
isométrique.
La vitesse gestuelle dépend donc des paramètres neuro-musculaires (liés à la contraction
musculaire), des facteurs anatomiques et morphologiques (longueurs des leviers osseux) mais aussi des facteurs
psychologiques puisque l'intensité de travail est maximale (état de concentration, de vigilance et
de motivation).
Concernant la contraction musculaire, son efficacité est liée :
- Aux facteurs biologiques du muscle : quantité d'ATP et
de éléments minéraux, pourcentage de fibres rapides,
- Aux facteurs de coordination intramusculaire : synchronisation des
Unités Motrices, sélection des fibres rapides, utilisation
des qualités élastiques du muscle,
- Aux facteurs de coordination intermusculaires et principalement au
couple agoniste - antagoniste : la complémentarité de ce couple
est dû au réflexe d'inhibition réciproque. L'agoniste
produit la plus grande vitesse possible tandis que l'antagoniste se relâche,
- A d'autres facteurs d'état ponctuel du muscle : viscosité
dû à l'échauffement et état de fatigue, qui ont
aussi une influence primordiale sur la vitesse de contraction.
Si cette vitesse gestuelle est étroitement liée à la contraction
musculaire et donc au facteur force, le degré de coordination générale
et spécifique du sportif est lui aussi indissociable. Exécuter rapidement
un geste spécifique n'est en effet possible que si aucun facteur limitant,
comme un manque de mobilité articulaire ou une mauvaise maîtrise
technique, ne vient gêner sa réalisation technique.
Fréquence gestuelle / fréquence de mouvement
La fréquence gestuelle correspond à un nombre de mouvements exécutés en un temps
donné.
Souvent rattachée aux activités sportives de type cyclique et exprimée sous le terme
vélocité, elle désigne un schéma gestuel reproduit de façon permanente et
régulière pour créer un déplacement du corps.
Les activités complexes (sports d'opposition, sports collectifs, etc...)
sont aussi concernées par cette fréquence exprimée, dans
ce cas, sous le terme d'enchaînement de tâches.
Cette fréquence implique des alternances de contractions musculaires et
de relâchements créant des actions motrices aller - retour. Elle
est donc liée à la capacité du muscle à se contracter
et à se relâcher à une cadence élevée, les ordres
de contractions étant envoyés et contrôlés par le système
nerveux.
Associée à la vitesse gestuelle, elle donne un sens aux mouvements
spécifiques dans de nombreux sports et peut être nommée vitesse
de mouvements.
Dans la performance sportive, la recherche de vitesse maximale sur le plan du mouvement est constituée de
trois phases :
- L'accélération,
- Le maintien de la vitesse maximale,
- La décélération.
Suivant les disciplines, ces phases ne sont pas toutes
présentes dans la vitesse de mouvement utilisée (les trois phases sont présentes dans les courses
de vitesse, la première et la dernière dans les jeux sportifs, etc...).
Répondant à la nécessité d'être parfois prolongée, cette capacité
d'efforts de vitesse est nommée :
- L'endurance - vitesse : c'est la capacité de maintenir le plus longtemps possible
la vitesse maximale acquise ou des actions rapides coordonnées (rendement technique) en résistant
à la fatigue.
Accélération
Cette phase correspond à l'accroissement rapide de la vitesse d'un corps
pendant un temps donné. Le terme corps désigne le corps humain dans son
ensemble ou un de ses membres lesté ou non d'une charge additionnelle (gants
de boxe, engins de lancers, etc...).
Dans les sports acycliques, l'accélération désigne le mouvement
explosif déplaçant le corps ou ses membres, alors que dans les disciplines
de course, elle désigne la faculté à atteindre rapidement
la vitesse maximale de déplacement.
La contraintre opposée étant non nulle (inertie initiale associée au poids de celle-ci),
l'accélération est dépendante de la puissance du sujet (rapport force x vitesse) et les contractions
musculaires sont de type concentrique.
Maintien de la vitesse maximale
Cette phase est relativement indépendante de la phase d'accélération et correspond à
une coordination rapide de mouvements spécifiques.
La maîtrise technique du geste est donc impérative et cette vitesse est non transposable si les
coordinations ne sont pas semblables (un nageur rapide de bras ne fait pas un athlète rapide de jambes).
La vitesse maximale est le résultat du rapport entre l'amplitude et la fréquence des mouvements,
l'amplitude étant liée à la vitesse gestuelle alors que la fréquence est liée à
la fréquence gestuelle.
Exemple pour un sprinteur : Vitesse = distance (celle de la foulée de l'athlète)
x 1 / temps (celui entre 2 appuis successifs au sol) sachant que fréquence
= 1 / temps.
La foulée optimale sera celle permettant le meilleur rapport entre amplitude
et fréquence. Dans le cas du sprint athlétique, lors de cette phase,
les contractions musculaires sont concentriques et pliométriques .
Décélération
Cette phase peut être involontaire comme dans le cas de la dernière partie d'un 100 mètres lorsque
l'athlète lutte contre la perte de vitesse, ou volontaire lorsque le sportif doit freiner brutalement
son mouvement, comme dans le cas du footballeur devant changer de direction ou le karatéka devant contrôler
sa touche.
Lors de l'action freinatrice, les contractions musculaires sont de type excentrique.
Endurance de vitesse - Endurance de sprints
Capitale dans les courses de vitesse prolongées (200 m en athlétisme
par exemple), elle permet de faire durer la phase de vitesse maximale au delà
d'un temps de sept secondes. D'un point de vue bio-énergétique
elle repose sur les réserves de créatine phospate (CP) et de glycogène
intramusculaire, ainsi que sur l'utilisation de la filière lactique.
L'endurance de sprints est la capacité d'effectuer un nombre maximal
de répétitions de sprints sans réduction de la capacité
d'accélération maximale, et est présente essentiellement
dans les sports collectifs.
Terminologies exprimant la vitesse suivant sa dimension
fonctionnelle
En fonction des activités sportives et des tâches motrices globales à réaliser, les
composantes et expressions de la vitesse énoncées ci-dessus vont se succéder et/ou s'emboîter
pour exprimer la dimension fonctionnelle de l'action sportive et une terminologie adaptée.
Vitesse de course (sprint)
Il s'agit de la vitesse associée à une technique de locomotion,
vitesse cyclique de fait, combinant les actions élémentaires
que sont la vitesse gestuelle et la fréquence gestuelle et composée
des phases d'accélération et de maintien de la vitesse (la décélération
n'étant pas recherchée volontairement ;o)).
Vitesse d'enchaînements
Il s'agit de la vitesse traduisant la faculté du sportif à réaliser
dans un temps le plus bref possible, une succession de gestes techniques
spécifiques engageant un ou plusieurs segments (enchaînement
de coups en boxe par exemple). Cette vitesse combinant les actions élémentaires
que sont la vitesse gestuelle et la fréquence gestuelle, est composée
des phases d'accélération et de maintien de la vitesse voire de
décélération, dans des enchaînements en assauts pour
la Savate BF ou au Karaté par exemple.
Vitesse de déplacements
Cette vitesse concerne les déplacements antéro-postérieurs et latéraux utilisés
dans le cadre des disciplines dont la zone de déplacement est restreinte
(boxe, tennis de table, badminton, etc...).
Vivacité
Pour reprendre la définition de Frédéric AUBERT ( « Préparation
Physique à la vitesse » ; Revue EPS n° 298, nov.-déc. 2002) : "La vivacité,
comprend autant la vitesse d'action isolée (acyclique), celle de réaction et
leurs combinaisons ou emboîtements, que le déclenchement de mouvement tantôt
unique, tantôt enchaîné à d'autres.
Il s'agit de la vitesse acyclique par excellence qui se traduit par la promptitude
dans une séquence de mouvements variés et différents*, par exemple, dans le
cadre d'un duel technico-tactique. Elle s'exprime par la coordination dans la
vitesse, la force de démarrage associée à celle de freinage, ce qui nécessite
gainage, proprioception, force élastique (pliométrie) et souplesse active".
* gestes, déplacements, enchaînements (ajout C. FRANCK)
Enumération des expressions de vitesse dans cinq types d'activités
sportives aux logiques internes différentes.
Sports de vitesse cyclique (athlétisme sprints,natation, aviron,
cyclisme vitesse, etc...)
La vitesse est exprimée sous la forme la plus connue, celle du sprint
exécuté une unique fois. Il n'y a aucune incertitude dans le déoulement
(hormis le résultat :o)) puisque les modalités de départ,
le tracé et la distance à parcourir sont fixes et intangibles.
Vitesse de réaction : le signal déclencheur est
auditif (le starter) et la réponse motrice toujours la même.
Vitesse de course : l'objectif de cette vitesse est de déplacer
le corps avec la plus grande vitesse possible et comporte les phases d'accélération
et de maintien de la vitesse.
Endurance de vitesse : pour les courses dépassant 10 secondes,
la capacité de maintenir la plus grande vitesse possible est déterminante.
Sports contre résistance (athlétisme
lancers et sauts, haltérophilie, etc...)
La vitesse est exprimée sous la forme la plus courte en terme de temps
d'action (lancer, saut, levée de charge) et est centrée sur une action
explosive unique.
Vitesse de course (la course d'élan ou d'approche suivant
la spécialité et la discipline) : dans les spécialités
ou l'action finale est précédée par une course d'élan,
la vitesse de celle-ci est prépondérante dans le résultat
final. Par contre et contrairement au sprint, seule la phase d'accélération
est concernée, et les paramètres de course que sont amplitude
et fréquence sont adaptées à l'action qui suivra.
Vitesse gestuelle : cette vitesse est toujours exercée
contre une résistance, le poids de corps résistant à
la pensanteur dans les sauts ou la charge additionnelle dans les lancers.
Il ne s'agit donc plus simplement de vitesse pure mais de combinaison
de force-vitesse (explosivité) et de coordination spécifique.
Sports duels (sports de combats, arts martiaux,
escrime, etc...)
La vitesse est exprimée sous toutes ses formes complexes et variées.
La durée moyenne des actions est très courte (< 3 sec) mais
celles-ci sont répétées avec une fréquence élevée.
Vivacité : elle traduit les passages du statut de défenseur
à attaquant ou vice-versa dans le cadre du duel. Elle englobe les
combinaisons complètes ou partielles "réaction - vitesse
gestuelle - déplacement - enchaînements".
Vitesse de réaction : les stimuli déclencheurs sont visuels et multiples (attitude, placement ou
attaques de l'adversaire) et vont entraîner des réactions de déplacements et de gestes défensifs
ou offensifs.
Vitesse de déplacements : elle concerne les déplacements antéro-postérieurs et latéraux utilisés
dans le cadre de la discipline pour entrer ou sortir de la zone de duel.
Vitesse gestuelle : cette vitesse est exercée lors de la délivrance d'un coup isolé
(explosivité).
Vitesse d'enchaînement : elle traduit la faculté
du sportif à réaliser dans un temps le plus bref possible
une succession de gestes techniques spécifiques (la notion d'enchaînement
de coups).
Sports de raquettes (tennis, tennis de table, badminton, etc...)
La vitesse est exprimée sous toutes ses formes complexes et variées.
La durée moyenne des actions est très courte (< 3 sec) mais
celles-ci sont répétées avec une fréquence élevée.
Vivacité : elle traduit les passages du statut de défenseur à attaquant ou vice-versa
dans le cadre du duel et englobe les combinaisons complètes ou partielles "réaction - vitesse gestuelle
- déplacement".
Vitesse de réaction : les stimuli déclencheurs sont visuels et centrés sur le mobile
(balle ou volant) et vont entraîner des réactions de déplacements et de gestes défensifs ou
offensifs.
Vitesse de déplacements : elle concerne les déplacements antéro-postérieurs et latéraux utilisés
dans le cadre de la discipline pour entrer dans la zone de frappe du mobile (balle ou volant) et se replacer en zone
d'attente stratégique.
Vitesse gestuelle : cette vitesse est exercée lors de la délivrance d'un coup ou bien dans un
mouvement de détente verticale (explosivité).
Au sein même des sports collectifs, de grandes différences existent entre les activités
(dimension des terrains) ou entre les postes occuppés par les joueurs (gardiens et joueurs de champ par exemple).
La vitesse est exprimée sous des formes complexes et variées, et est caractérisée par
une alternance d'actions brèves ou très brèves et explosives, entrecoupées de périodes
de récupération relativement longues par rapport à l'effort fourni (5 à 40 sec env.).
Pour les gardiens ou les joueurs type volleyeurs
Vivacité : elle traduit les passages du statut de défenseur
à attaquant ou vice-versa dans le cadre du duel et englobe les
combinaisons complètes ou partielles "réaction - vitesse
gestuelle - déplacement".
Exemples : pour les gardiens, placement - arrêt - relance, pour les volleyeurs, placement - action -
replacement.
Vitesse de réaction : les stimuli déclencheurs sont visuels et centrés sur la balle et
vont entraîner des réactions de déplacements et de gestes défensifs ou offensifs.
Vitesse de déplacements : elle concerne les déplacements antéro-postérieurs et latéraux utilisés
dans le cadre de la discipline pour entrer dans la zone de frappe de la balle et se replacer en zone d'attente
stratégique.
Vitesse gestuelle : cette vitesse est exercée lors de la délivrance d'un geste défensif
ou offensif ou bien dans un mouvement de détente verticale ou de démarrage (explosivité)
.
Pour les joueurs type footballeurs, rugbymen, basketteurs ou
handballeurs
Vivacité : elle traduit la coordination spécifique des
gestes techniques réalisés avec rapidité, combinée
avec des mouvements explosifs, des sprints courts (< 3sec), des démarrages,
des freinages et des changements de directions, et englobe les combinaisons
complètes ou partielles "réaction - vitesse gestuelle
- déplacement - sprints courts".
Exemples : actions un contre un, neutralisation défensive ou interception, cadrage - débordement, dribble ou
autre changement brutal de direction, appel de balle, feintes pour anticiper les réactions de l'adversaire et l'entraîner
sur une fausse piste, etc...
Vitesse de réaction : les stimuli déclencheurs sont visuels et centrés sur la balle et
vont entraîner des réactions de déplacements et de gestes défensifs ou offensifs.
Vitesse gestuelle : cette vitesse est exercée lors de l'exécution d'un geste défensif ou
offensif, dans un mouvement de détente verticale ou de démarrage (mouvements explosifs).
Exemples : démarrage pour prendre son adversaire de vitesse, détente, déclenchement de tirs lointains
ou proches, tacles, etc...
Vitesse de course : c'est surtout la phase d'accélération qui est est déterminante en
sports collectifs (cf vivacité); néanmoins dans les jeux sportifs ou le terrain est grand (rugby, foot), des
sprints plus longs vont être réalisés.
Exemples : appel éloigné de balle et capture de celle-ci dans l'espace, soutien au porteur de balle sur
contre-attaque, retour défensif sur contre-attaque adverse, course après percée du rideau
défensif, etc...
Endurance de sprints : en sport collectif, les actions rapides et sans baisse de vitesse sont amenées
à être répétées sur la totalité de la rencontre. Le joueur devra donc être
capable de réïtérer un grand nombre d'actions intenses de courte durée avec des temps de
récupération semi-active de l'ordre de 20 à 40 sec.
Suivant Ballreich, les composantes de la vitesse ne s'influencent pas réciproquement
et à ce titre requièrent des contenus d'entraînement spécifiques
permettant d'être travaillés séparément.
Contrairement à d'autres qualités physiques, cette indépendance
entre paramètres n'oblige pas à une hiérarchisation dans
le travail. Par contre, on peut les associer lors d'exercices de développement.
Le développement des qualités de vitesse demande un investissement
neuromusculaire maximal et une motivation du plus haut degré. Les séances
de travail ne doivent donc être ni être trop longues ni trop répétitives
dans leur forme et dans le temps. Elles seront placées de façon
régulière tout au long de l'année, quelque soit la période
de préparation.
Il est recommandé de placer un à deux créneaux axés
sur la vitesse dans la semaine. Pour respecter le principe de travail sur un
organisme frais, le premier créneau se situera après quelques
jours de récupération et l'autre trois jours plus tard. Une séance
est souvent partagée avec un autre thème de développement,
la plupart du temps avec un travail de force ou un travail technique. Le principe
est de placer la vitesse en début de séance, après l'échauffement
car l'organisme est frais et les effets bénéfiques de la vitesse
continuent après la fin du travail.
Du fait des grandes tensions musculaires appliquées lors des entraînements
de survitesse, ceux-ci ne doivent en aucun cas être imposés sur
des organismes non préparés ou dans la période de compétition
et ils doivent être précédés d'un échauffement
musculaire progressif et adapté.
La vitesse est très influencée par la génétique
de l'individu (répartition du type des fibres musculaires) ainsi
que par sa "formation" à la vitesse dès le plus jeune
âge. Si l'exécution d'exercices de rapidité chez l'enfant
a une influence positive très importante pour la suite de sa vie sportive
(transformation des fibres intermédiaires en fibres rapides et augmentation
de la vitesse de contraction), rien n'est perdu en terme d'espérance
de progression dans le cas contraire, surtout dans le cas ou la vitesse est
liée à des facteurs techniques et de coordination élaborés.
La tranche d'âge 8 - 16 ans est idéale pour le développement
de la vitesse, du fait :
- De l'augmentation de la coordination et de la force (particulièrement entre 7 et 9 ans puis entre 12 et 15
ans),
- De la facilitation d'intégration de schémas de programmation motrice (Weinbeck - Manuel
d'entraînement, 346).
Les mouvements appris et exécutés d'abord séquentiellement
et lentement, vont être améliorés sous le contrôle
de l'entraîneur et du sportif lui même, pour être effectués
à une vitesse de plus en plus grande. Des copies de ces programmes vont
être déposées dans les couches profondes du systèmes
nerveux central et permettront d'indiquer quels muscles et dans quel ordre ils
devront être activés ou inhibés. Enrichis et perfectionnés
par un entraînement permanent, ils vont constituer le fondement de tous
les mouvements de vitesse coordonnés. Il faudra donc insister sur les
exercices développant tous les facteurs élémentaires de
la vitesse (réaction, fréquence, vitesse gestuelle, etc...) avant
de penser au "produit final" chiffré et intégrer un
aspect ludique au développement.
Les périodes de développement de la vitesse vont suivre les étapes
standards de l'entraînement : entraînement de base général,
entraînement orienté vers la discipline et entraînement spécifique
à la compétition. Les entraînement de vitesse sont associés
avec un développement des qualités techniques et de force, surtout
dans les disciplines où la puissance est un facteur déterminant
de la performance. Les exercices eux, devront être variés et généraux
dans la phase extensive, puis revenir à des formes spécifiques
lors de la phase intensive.
Possibilités
d'organisation et de périodisation du développement de la
vitesse
Périodes
Extensive
Intensive
Compétitive
Force
Endurance de force générale
Force maximale générale (facteurs structuraux)
Puissance force spécifique
Force maximale spécifique (facteurs nerveux)
Puissance vitesse spécifique
Force vitesse spécifique
Exercices
Circuits avec charges faibles à modérées
ou poids de corps / nombre de répétitions élevé
(env 15-20) et récupérations faibles (1mn vers 30sec)
Musculation 10x10 à 60% - 8x8 à 70% - 6x6 à 80% ou
pyramides larges ou exercices en poids de corps lesté ou non
(1)
Musculation 6x6 à 60% dynamique - Isométrie
+ exo à 60% dynamique
Pliométrie en contre-mouvement - Bonds horizontaux et en contrehaut
Musculation 3x3 à 90% ou régimes excentriques
ou isométriques / pyramides > 85%
Bonds en contrebas suivis de mouvements concentriques
Musculation 6x6 à 30% rapide - Contraste de charges
(lourd - léger)
Pliométrie en bonds horizontaux ou verticaux
Exercices stato-dynamiques
Musculation 3x3 à 90% pour les sports de force et athlètes entraînés
(1) Pompes avec écartements différents (possibilité
de sac lesté sur le dos), squats sur 1 jambe, levée d'une chaise 1 jambe,
roulade puis poussée d'une jambe, exercices avec élastiques, etc...
La vitesse d'un
point de vue physiologique
Physiologiquement la vitesse maximale est fonction des réserves d'énergie
de la musculature (ATP et PC). L'entraînement en vitesse permet d'améliorer
le niveau des substrats et d'intensifier l'activité enzymatique (la
resynthèse se refait plus vite). Pour cela l'intervention des exercices
doit se faire obligatoirement sous la forme maximale avec des temps
de récupération suffisamment important.
- Durée de l'effort : 3 à 8-10 sec
- Nombre de répétition : 4 par série ( au delà
on note une augmentation de l'acide lactique)
- Récupération entre répétitions : 17 sec
à 3 mn. 17 sec étant le temps de récupération
de la moitié des réserves (Di Pamprero) - 3 mn le temps au delà
duquel les capillaires se referment et qui nécessite un nouvel échauffement
(Cometti - L'entraînement à la vitesse).
Classiquement le temps de récupération est de 10 à 20
fois le temps de l'effort avec une moyenne à 15 fois.
- Nature de la récupération : semi-active pour conserver
un état de vigilance élevée. Une première partie
peut être réalisée sous forme de travail technique lent
ou de déplacement, et une deuxième sous forme de travail de
visualisation mentale
- Nombre de séries : 4 à 6 (il y a ensuite un épuisement
des réserves musculaires)
- Récupération entre séries : 7 à 10 mn actives
pour une baisse de l'acide lactique
En course de vitesse,
il est dit que 10 m de sprint à intensité maximale ou supra-maximale
entraîne une récupération de 1 mn
La vitesse de réaction
Les séances devront inclure des exercices non spécifiques pour
améliorer le temps de réaction, mais aussi des exercices permettant
à l'athlète de "lire" un signal propre à sa
discipline pour déclencher avec promptitude une réponse adaptée.
Pour cela les exercices seront construits autour de signaux visuels ou sonores,
d'exercices de réflexes, d'appréciation de trajectoires (de
balles par exemple) et d'exercices pour la vision périphérique.
La progression se fera en jouant avec la durée d'apparition des signaux,
leur forme, l'augmentation du niveau d'incertitude ainsi que l'augmentation
de la vitesse d'action (1). Pour maintenir un
haut niveau de vigilance les exercices devront être divers et variés
tout comme l'environnement dans lequel on les pratique (exemple : espace habituel
d'entraînement ou autre, en mettant de la musique, etc...). Le but est
que le sportif réussisse à se concentrer quelque soit l'environnement
et au moment opportun (pas trop tôt, pas trop tard !).
Les séances peuvent être basées sur une ou plusieurs orientations,
mais doivent respecter les principes d'alternance travail / repos se rapportant
à la vitesse.
(1) le développement de la mise en action
qui suit la réaction a une influence sur celle-ci. Il est d'ailleurs
difficile de décorréler temps de réaction et mise en
action lors des exercices.
Exemples d'exercices généraux :
- Le sportif a les yeux fermés et l'entraîneur dispose
autour de lui des objets de formes ou couleurs différentes. Le sportif
ouvre les yeux pendant un temps très court déterminé
à l'avance puis les ferme. Ceux-ci fermés, il doit annoncer
le nombre, la forme, la couleur, l'emplacement des objets. Cet exercice est
très intéressant pour la prise d'informations et la vision périphérique.
- Pour l'appréciation de trajectoire, l'entraîneur peut lancer des balles et le sportif doit les rattraper avant le premier ou le
deuxième rebond.
- Le sportif sprinte vers l'entraîneur et part à gauche ou à
droite à l'apparition d'un signal auditif ou visuel.
- Exécution d'accélérations vives (gestes techniques, courses courtes, bonds,
déplacements divers) à un signal de durée variable (auditif
ou visuel) avec départs dans des positions contraignantes et modifiées
(assis, allongé, dos tourné...).
L'entraîneur peut aussi faire varier la position d'où il donne
le signal (position par rapport au sportif, distance, visible ou non, etc...).
- Exécution de quelques mouvements rapides, en simplifiant ou facilitant
la tâche à réaliser ou travail de synergie bras-jambe
(Cometti - L'entraînement à la vitesse).
Exemples d'exercices spécifiques à une discipline (boxe pieds-poings par exemple) :
- Le boxeur est face au sac, l'entraîneur est placé
derrière le boxeur : si l'entraîneur touche l'épaule du
boxeur, celui déclenche un enchaînement de poings. S' il lui
touche la cuisse, l'enchaînement est en pieds. On peut complexifier
l'exercice en différenciant une touche à gauche ou à
droite.
- En travail à la leçon, déclenchement d'un enchaînement
stéréotypé suivant la cible et la position de l'apparition.
Le travail de concentration sur les muscles effecteurs de l'action à venir (quadriceps en sprint) et la pré-position pour les sports de
mouvement (sautillements et mouvements des bras pour le gardien de but au handball) sont aussi des pistes de travail.
La vitesse gestuelle
Le facteur force a une influence très importante sur la vitesse gestuelle.
Un entraînement visant à améliorer les facteurs de transformation
de fibres musculaires et leur sélection, la synchronisation des unités
motrices ainsi que la coordination intermusculaire aura donc un impact positif
sur la qualité de vitesse gestuelle.
D'un point de vue énergétique, le respect des durées et
intensités des temps de travail et de récupération seront
capitales pour un développement efficace de la vitesse.
Il en est de même pour le degré de coordination spécifique
et la capacité de réalisation technique.
Même si la vitesse gestuelle correspond à l'exécution d'un
mouvement unique, son développement passe par des exercices répétitifs.
La vitesse gestuelle en elle même est difficilement améliorable
car elle dépend énormément du potentiel génétique.
Mais conjointement associée à des situations de travail de la
fréquence gestuelle et de développement technique spécifique,
il sera possible de développer les combinaisons complexes des facteurs
de vitesse telles que vitesse d'enchaînement ou de course.
Pour la force de contraction,
l'entraînement doit passer par de la musculation avec pour objectif l'augmentation
de la force maximale et la sollicitation des facteurs nerveux.
Exemples d'efforts maximaux
:
- Efforts brefs de grande intensité (1 à 3 répétitions avec des charges proches du maxi) en régime concentrique,
excentrique et isométrique.
Le travail faisant appel
à des efforts maximaux ne peut se faire qu'avec des sportifs ayant
l'âge et la formation nécessaires.
Un entraînement en force maximale entraîne immédiatement
une plus grande vitesse pour des mouvements de coordination très simples
comme les appuis en sprint, mais c'est moins vrai pour les disciplines aux
mouvements de coordination élaborés et complexes.
Pour la vitesse de contraction,
l'entraînement doit s'orienter vers de la musculation dynamique avec des
charges moyennes et de la pliométrie.
Exemples d'efforts dynamiques :
- Intensité maximale pour des charges entre 30 et 50% / Efforts de courte durée (2 à 7sec) /
Récupérations semi-actives comprises entre 1mn30 et 5mn.
- Bondissements horizontaux et verticaux avec temps de contact au sol le plus bref possible (pliométrie).
Des exercices spécifiques réalisés contre des résistances
très faibles (5-10% du max), mais à vitesse maximale pendant
2 à 7 sec peuvent avoir un effet bénéfique sur la vitesse
de contraction musculaire. Cela ne permet évidemment pas d'améliorer
la force maximale de contraction mais permet de développer la vitesse
absolue de la contraction musculaire sans charge (PRADET - La préparation
physique - INSEP).
De même, si cette vitesse s'effectue contre une résistance non
négligeable comme dans les courses, sauts ou lancers, la méthode
de diminution ou d'augmentation de la charge dans une limite inférieure
à 7% favorise la progression (Kuznetzov). Le principe est de réaliser
l'exercice tel qu'en compétition, en allégeant, ou en alourdissant
la contrainte, voire en alternant dans la même séance des exercices
avec charges modifiées (allégée, normale, alourdie) (COMETTI
- L'entraînement à la vitesse).
Exemples d'efforts avec résistances variables :
- 1 facilité (ou plus léger) - 2 normaux - 1 plus dur (ou plus lourd) ou
- 2 facilités (ou plus légers) - 1 normal - 1 plus dur (ou plus lourd).
La vitesse gestuelle a pour objectif le développement des programmes moteurs
neuro-musculaires dans un premier temps, puis celui des exercices de compétition.
Le développement des schémas de coordination motrice et leur amélioration
est primordial chez les jeunes. La tranche d'âge des 12-15 ans est particulièrement
adaptée à la réalisation d'un apprentissage technique incluant
gestuelle, précision, amplitude. Les gestes vont être répétés
en augmentant progressivement ou en alternant la vitesse d'exécution
et en modifiant les exercices.
Elasticité
et capacité de relâchement musculaire
Si les paramètres de mobilité sont insuffisants, une réduction de l'amplitude motrice et une
détérioration de la coordination motrice vont se produire dans la mesure ou les muscles qui se
contractent (agonistes) doivent surmonter la résistance de l'opposé (antagoniste).
Les étirements et le relâchement musculaire vont donc favoriser l'amplitude gestuelle et les caractéristiques de
coopération et de coordination des chaînes musculaires.
La fréquence gestuelle
La fréquence gestuelle est essentiellement assujettie au contrôle
du système nerveux. Il va synchroniser les ordres de contractions et
relâchements musculaires, que ce soit pour la réalisation d'un
geste simple ou d'un mouvement complexe faisant intervenir plusieurs membres.
L'utilisation de la musculation avec des charges lourdes telles que décrite
dans l'item sur la vitesse gestuelle permettra une amélioration des capacité
de synchronisation intra et intermusculaire. L'élasticité et la
capacité de relâchement musculaire permettront de limiter l'action
freinatrice du muscle opposé au muscle effecteur du mouvement.
L'action du système nerveux et de la notion de fréquence elle-même,
induit l'entraînement à utiliser des exercices sollicitant de façon
maximale et supra-maximale la cadence de mouvement en diminuant l'amplitude.
Types d'exercices pour le développement de la fréquence gestuelle :
- Exercices avec alternances de vitesse de réalisation "vite
/ lent / vite" : alterner les séquences d'exercices réalisés
à vitesse maximale et celles à vitesse lente mais avec une décomposition
technique.
- Fréquence sur place : courir sur place, montées de genoux
(tapping), talons-fesses, corde à sauter, un appui fixe et tapping
avec l'autre (latéralement, d'avant en arrière, en pivotant...),
mouvements aller-retour avec les bras.
- Fréquence en mouvement : tapping ou talons-fesses avec possibilité
de travailler sur escalier (petites marches).
- Fréquence en mouvement de face ou latéral avec des lattes
: l'espace entre lattes permet de diminuer l'amplitude de la foulée
et le nombre de lattes doit permettre d'atteindre une vitesse maximale (env
10-12).
- Fréquence en mouvement avec des appuis décalés : course avec un appui
dans chaque cerceau (env. 10-12).
- Fréquence en mouvement de face sur mini haies : le but est d'apprendre
à courir genou haut sans perdre en fréquence; cet exercice est plus dur et
augmente la coordination.
- Le travail de survitesse ou surfréquence : les exercices
vont permettre d'aller plus vite qu'en situation normale comme avec une légère
descente (3 à 5% maximum), un travail avec élastiques ou avec
un mobile tracteur, pédalage sans résistance.
Voir exercices pour les bras
L'accélération
Le développement de l'accélération est basé sur l'utilisation d'exercices
généraux et spécifiques à dominante concentrique pour réaliser un
démarrage explosif puis une accélération jusqu'à atteindre la vitesse
maximale.
Dans certaines disciplines comme les sports collectifs par exemple, c'est principalement la phase de
démarrage qui sera déterminante, alors que pour le 100 m en athlétisme, démarrage et
accélération jusqu'au 60 m seront concernés.
Pour ne pas employer de façon stéréotypée les exercices de démarrage et
créer une habitude bloquant les possibilités de progression futures, diverses méthodes
doivent être utilisées pour le développement de l'accélération.
De plus les exercices peuvent associer départs et accélérations ou réactions et
départs, voire même les trois, ou être exécutés indépendamment.
La phase d'accélération est nerveusement et musculairement coûteuse. Une progression (du moins
exigeant au plus exigeant) est donc indispensable dans l'intensité de travail : accélérations
progressives vers accélérations maximales, travail seul vers confrontation, distances 30 m maximum vers 60 m à l'approche des
compétitions.
Le principe général du développement de l'accélération est lié à
l'utilisation de démarrages sur 10m, d'exercices en suraccélération ou au contraire sous
résistance modérée, et d'exercices de largages.
Types d'exercices
pour le développement de l'accélération :
Démarrage avec aide facilitatrice ou après
exercice facilitateur :
- Sprint après un saut de haie de face, de coté,
- Sprint après un déséquilibre avant départ pieds joints au sol,
- Sprint après un saut en contrebas depuis un banc,
- Sprint après un saut arrière puis un saut avant par-dessus une haie.
Démarrage avec contrainte freinatrice ou après exercice freinateur
:
- Départ assis sur un banc en position de face ou de coté
puis sprint,
- Départ assis sur un banc puis saut de haie puis sprint,
- Départ debout en appui sur une seule jambe puis sprint,
- Accélération avec chariot lesté,
- Accélération avec gilet lesté (entre 5 et 8 % du poids du
corps),
- Accélération avec parachute freinateur,
- Accélération avec résistance d’un élastique,
- Accélération en étant retenu par un partenaire,
- Accélération en montée de gradins ou en pente, avec un dénivelé
de 10-15% maximum pour ne pas modifier le geste.
Démarrage après exercice de largage (retenir puis alléger)
:
- Accélération avec freinage d’un partenaire qui vous
tient par la taille puis qui vous lâche,
- Tous autres exercices exécutés contre des accessoires avec
une contrainte exercée sur quelques mouvements (élastiques,
poids, médecine-ball, etc...).
Démarrage conjugué à un travail de réaction
:
- Départs dans différentes positions ou attitudes (sens
inverse, couché, assis, etc ...),
- Départs liés à différents signaux (accoustiques,
visuels).
Démarrage et suraccélaration :
- Suraccélération avec tirage d’un élastique,
- Suraccélération en étant tiré par un partenaire,
- Suraccélération en descente (5-8% max).
Dans le cas ou l'on veut isoler le travail des jambes par exemple, des courses
avec mains dans le dos ou avec un médecine-ball dans les mains seront
utilisées.
- Sprint classique avec mains dans le dos,
- Sprint avec médecine ball dans les mains (isoler le travail sur les jambes).
Les exercices proposés sont majoritairement issus de la course. Pour le travail des bras il existe bien
moins de solutions pratiques à mettre en oeuvre. Néanmoins le principe de travail sera le
même : exercices sous résistance modérée, suraccélération, largage.
- Utilisation d'un "pédalier" adapté,
- Utilisation de machine moderne de musculation,
- Utilisation d'élastique en résistance ou tirage.
Le maintien de la vitesse maximale
Le maintien de la vitesse est lié principalement aux ressources énergétiques
et à la technique - coordination.
Des efforts maximaux correspondant au temps d'effort souhaité ainsi que
des exercices où les gestes techniques sont répétés
en cherchant le bon compromis entre fréquence et amplitude, permettront
de développer cette phase de maintien de vitesse maximale. Lorsque cette
phase concerne la course, les exercices pourront aussi s'appuyer sur le travail
pliométrique de la foulée nommée "skipping".
Le maintien de la coordination des mouvements est dépendant des capacités de relâchement non seulement musculaire
mais aussi psychique du sportif. Les exercices de relaxation et de développement de l'élasticité musculaire
seront favorables à ce maintien de coordination.
Types d'exercices pour le développement du maintien de vitesse :
- Exercices "lancés" en modifiant les paramètres amplitude et fréquence,
- Exercices de développement de la qualité de la foulée : skipping variés (normaux, arrières,
latéraux, en pas de l'oie, sans l'aide des mains, etc....).
Les exercices de skipping nécessitent impérativement un placement
du bassin correct et un vrai travail "réactif - pliométrique" du pied.
La décélération
La décélération est volontaire dans le cadre des activités
où un contrôle doit être exercé dans la phase finale
du geste, comme au Karaté ou Savate boxe française lors d'une
confrontation sous forme d'assaut (la puissance des coups est prohibée).
Cette obligation de contrôle ne doit pas être un frein à
l'expression maximale de vitesse. Le sportif ne doit pas se dire "je
n'accélère pas trop fort pour pouvoir m'arrêter à
temps", mais "j'accélère à fond et je
freine à fond au bon moment !". Il faut pour cela une coordination
gestuelle parfaite et une maîtrise totale de la technique. Le développement
de la force freinatrice des antagonistes allié au relâchement de
l'agoniste permettront de développer ce contrôle, et c'est donc
vers les exercices de vitesse gestuelle que l'on s'orientera.
La vitesse de déplacement
Les déplacements antéro-postérieurs ou latéraux nécessaires dans certaines disciplines
correspondent à une succession de mouvements pliométriques (sautillements, transferts d'appuis) exercés sur
l'articulation de la cheville. L'utilisation des déplacements très courts pour exécuter ensuite un
geste technique, demandera un travail de développement de la réactivité du pied et d'exécution d'exercices
spécifiques à la discipline concernée.
Types d'exercices pour le développement de la vitesse de
déplacement :
Exercices de développement de la réactivité du pied sur place ou courtes distances : skipping
variés (normaux, arrières, latéraux, sans l'aide des mains, dans des cerceaux, entre lattes ou mini haies,
tapping, etc...)
- Exercices pris dans la discipline : déplacements latéraux et arrêt d'un tir au handball, déplacements
entre deux partenaires et déclenchement d'un enchaînement en boxe, etc...
Les exercices de skipping nécessitent impérativement un
placement du bassin correct et un vrai travail "réactif - pliométrique" du pied.
L'endurance - vitesse
Cette notion d'endurance - vitesse représente la capacité à
prolonger le plus longtemps possible un effort réalisé à
vitesse maximale. Si le développement de cette dernière se fait
sur les qualités contractiles et d'innervation du muscle, les séances
de développement d'endurance - vitesse devront visées la modification
des réserves de substrats énérgétiques permettant
l'amélioration de la résistance à la fatigue (capacité
anaérobie alactique et puissance anaérobie lactique).
Types d'exercices pour le développement de l'endurance - vitesse :
- Exercices d'une durée dépassant de 10-20% l'exercice de compétition (réalisés
au minimum à 90% du maximum),
- Exercices intensifs par intervalles avec des pauses incomplètes.
Attention à ne
pas réaliser un entraînement trop fréquent et intensif de
l'endurance - vitesse, surtout au cours de le période compétitive,
car il provoquerait une chute de la vitesse maximale.
L'endurance de sprints
Contrairement à l'endurance - vitesse qui est un prolongement maximal
de l'effort de vitesse, l'endurance de sprint correspond à la nécessité
de répéter sur la totalité de la rencontre des efforts
brefs mais intenses ou très intenses. La performance physique en
sports collectifs est directement liée à cette faculté
de répétitions.
Selon Cometti (La résistance à la vitesse) venant compléter
les travaux de Balsom (Balsom et coll. 1992a), la résistance à
la vitesse est un "faux concept" en sports collectifs. Du fait des
temps d'efforts (env. 3s) conjugués aux temps de récupération
active (30-40s), il n'y a pas de baisse flagrante de performance. Les meilleurs
performances de début de match induiront les meilleurs performance
de fin de match !
La préparation physique s'orientera donc vers le développement de la
vitesse maximale (démarrage et accélération) pour augmenter
la performance du joueur sur 10 m sans s'occuper du nombre de sprints à
réaliser dans le match. La démarche est qualitative et non quantitative.
De plus, d’après Gaïtanos et al. (1993), la contribution respective des différentes
filières énergétiques évolue au fil des répétitions. Filière des
phosphagènes et glycolyse anaérobie au début, puis augmentation du métabolisme
aérobie au cours de l’exercice pour devenir prédominant lors des dernières répétitions.
Une bonne qualité aérobie en capacité et puissance est
donc indispensable à la répétition des sprints.
Question : les exercices en intermittent type
5s / 20s pendant 7-8mn permettent-ils une amélioration de la vitesse
de sprint ?
Réponse : sans aucun doute, la réponse est non.
Ce type d'exercice permet le développement de la filière
aérobie puissance / anaérobie lactique, mais pas celui de
la vitesse car il est impossible de maintenir une vitesse maximale sur
toutes les séries. Et si les exercices ne sont pas réalisés
à intensité maximale ou supra-maximale, alors il ne faut
pas espérer d'augmentation de la vitesse !
La vivacité
La vivacité est la vitesse traduisant la promptitude à enchaîner une séquence de mouvements variés
et différents; les sports duels et de jeux sont très concernés par cette expression de vitesse dans le cadre des
duels technico-tactiques. Le développement de la vivacité a les mêmes contraintes que les autres expressions
de vitesse : les exercices doivent être réalisés à vitesse maximale ou supra-maximale, avec des
récupérations permettant de conserver une fraîcheur mentale et physique. Son entraînement portera sur des
exercices mixant force de démarrage, force de freinage, réalisation d'un geste technique, déplacements, etc...
La coordination est au centre de la vivacité et les exercices seront donc généraux, orientés ou
spécifques à la discipline.
Types d'exercices pour le développement de la vivacité :
- Sprints navettes entre plots espacés de 10m maximum, ou parcours en croix, en étoile, en T, etc...
- Tous les parcours permettant des changements de direction et des variations d'appuis (avant, arrière, latéralement,
etc...),
- Exercices mélangeant vitesse de réaction, exercices spécifiques facilités ou simplifiés et
déplacements,
- Exercices enchaînant petite pliométrie, fréquence, freinage, exercices techniques.
Les séances de développement de la vivacité sont souvant
ludiques car elles peuvent être modifiées sans limite (sauf celles de l'imagination de l'entraîneur ;o)),
néanmoins les exercices sont exigeants et nécessitent une préparation prophylactique axée sur le gainage,
la proprioception et la souplesse active.
La vitesse de course
La vitesse de course est composée des phases de "réaction
- démarrage - accélération - maintien de la vitesse"
et éventuellement endurance - vitesse suivant la distance et le niveau
de performance de l'athlète.
L'entraînement se fera de façon progressive en insistant d'abord sur la technique de course (les éducatifs),
la préparation musculaire de soutien (gainage, proprioception, souplesse) et en exécutant des courses en
accélérations progressives.
Le développement même s'orientera vers des courses courtes simples (normal, en pente, escaliers, légère
descente...), des exercices de départ et de fréquence sans survitesse, puis lorsque le sportif est prêt, vers des
situations d'accélération et de fréquence en survitesse ou surintensité. Techniquement, les
éducatifs se poursuivront pour ce qui est de la mise en action, travail de la foulée et positionnement du bassin,
ainsi que des départs.
Conjointement un développement de la force maximale sera entrepris pour
améliorer les qualités de vitesse. Ce développement se
fera dans un cadre de progression structurée et pas forcément
payant à court terme. L'objectif final visé étant l'augmentation
de la force maximale et du front
de montée de force.
La vitesse d'enchaînement
La vitesse d'enchaînement est celle recherchée dans les sports de combat de percussion principalement.
Si le principe de formation préparatoire (technique, gainage, proprioception,
souplesse) est identique à celui de la vitesse de course, la logique
de développement est différente. Il ne s'agit plus de répéter
de façon cyclique le même geste, mais de réussir une succession
de gestes techniques différents avec vitesse et précision.
La nécessité de travailler les membres concernés (dû
à la coordination) orientera
la progression vers la vitesse gestuelle et ses exercices de force (maximale
et dynamique) ainsi que de variabilité de charges. Les exercices, associés
à la fréquence gestuelle, permettront de mettre en oeuvre des
situation centrées sur les membres supérieurs et inférieurs.
Le développement de la force maximale est nécessaire pour développer
la vitesse. Mais il faut prendre garde à orienter l'entraînement
vers des exercices modifiant au minimum la structure musculaire en terme de
volume dans les sports de combat, puisqu'ils sont soumis à des impératifs
de poids.
De plus, si la force maximale a une incidence positive sur les mouvements de
coordination très simples, c'est moins vrai pour les disciplines aux
mouvements de coordination élaborés et complexes. Il faudra donc
chercher à "utiliser" la force maximale en réalisant
un geste technique à vitesse maximale tout de suite après un exercice
de musculation lourde (contraste de charge par exemple).
Barrière de vitesse : On appelle barrière de vitesse le
phénomène de stabilisation de la vitesse motrice. C'est une limite physique et psychologique mise en place par
l'organisme lorsqu'aucune exigence nouvelle ne lui est imposé. Si les exercices sont toujours les m&eirc;mes (sprints
répétés par exemple) l'accoutumance crée un stéréotype moteur rendant impossible un futur
développement. C'est pourquoi les entraînements doivent être variés en utilisant des exercices
généraux, spécifiques, en surcharge, avec des sauts, en modifiant la fréquence, etc....
Dans le cas ou un sportif est confronté a ce problème, il faudra carrément stopper l'entraînement standard
pour faire de la musculation lourde par exemple. C'est aussi pourquoi il ne faut pas non plus imposer trop rapidement des sprints
répétés aux jeunes sportifs, car plus il exécute des courses à vitesse maximale pendant
l'entraînement, plus vite il se heurte au phénomène de barrière de vitesse (tachnik 1993).